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MONDIAL RALLY

The mondial rally is all about driving busted cars as far as possible in most remote places of the world... Join in !

"Adventure is just bad planning."
Roald Amundsen
Sep 21 '10

A tous ceux qui ont cru que nous étions perdu en plein pampa.

Nous sommes bien arrivé au bout de notre voyage et les derniers textes que nous venons de mettre en ligne vous raconterons ce qui s’est passé.

Nous avons encore des photos à rajouter sur notre blog, ainsi qu’un texte de conclusion que nous avons en tête. Mais après 2 mois de vacances, le retours fut très chargé, et nous avons pris du retard quand à la mise a jour.

Voici donc les dernier textes, en attendant les photos.

Merci à tous !

Benjamin & Quentin

To those of you who thought we were lost in the middle of the Pampa

We reached the end of our journey fine and the last posts that we just put online will tell you what happened.

We still have photos to add to our blog, as well as a conclusion post which we already in mind. But after two months of vacation, the return was pretty heavy and we took some delay in our updates.

So here are the last posts, while waiting for the photos.

Thanks to all of you !

Benjamin & Quentin

Sep 1 '10

Patagonie day # 59

Aujourd’hui, tout va se jouer pour la voiture. D’une manière ou d’une autre, il nous faudra être à l’aéroport à 11 heures, et d’ici là, avoir réglé le problème de succession de la Subaru. Nous sortons de la chambre et bien que nous voulions partir le plus vite pour le bureau des transports, Ada insiste pour que nous prenions un petit-déjeuner. Elle à l’air préoccupé, et nous avons un peu de mal à deviner pourquoi. Elle est surexcitée, et nous sommes rassurés d’avoir une Argentine pour nous aider dans les démarches. Il est 8 h 00. Nous sommes parmi les premiers à arriver au bureau, mais il nous faut patienter une bonne demi-heure pour pouvoir faire notre demande. Aussitôt les choses se compliquent. Le principal problème vient du fait que la voiture est étrangère. L’importation en Argentine, et plus particulièrement en Terre de Feu, est soumise à de fortes restrictions. Le véhicule doit passer un an sur le sol Argentin et ne peut pas être de seconde main. Comme la nôtre en est au moins à son quatrième propriétaire, on ne se pose même pas la question. On nous conseille toutefois d’aller au bureau des douanes qui n’est pas très loin afin d’obtenir plus de précisions. Ça semble donc mal parti, mais Ada continue d’y croire. Il est 9 h 00. Une fois arrivés au bureau des douanes, les douanières se chargent de lui briser ses espoirs. L’une d’entre elles, en particulier, semble prendre tellement de plaisir à nous dire que c’est impossible que je dois me contenir pour ne pas l’étrangler avec le renard qu’elle a autour du cou.

Bon très bien, si la loi ne le permet pas, que se passe-t-il si on s’en passe ? Les douanières sont unanimes : être en infraction, c’est grave.

Mais encore ? Et bien c’est très grave.

Oui mais qu’est ce qu’on risque ? Oulala mais ça n’est pas possible, c’est très grave… 

Bon allez, avouez, vous ne savez pas du tout ce que l’on risque ! Si si c’est grave !

Une autre douanière nous apprend que ça aurait été différent à Buenos Aires, là-bas, au moins, on aurait trouvé un moyen de refrapper les numéros de la voiture et ni vu ni connu… En effet, si les douanières en sont a nous proposer ce genre de solution de voleur de voiture, on a quelques difficultés à imaginer les peines encourues.

En gros, la situation est désormais la suivante. Notre voiture n’a le droit de rester sur le sol Argentin qu’encore trois mois. Au-delà de ce délai, il faudra l’emmener par tous les moyens possibles hors des frontières.

On pourra alors faire une autre demande d’entrée, mais il faudra le faire en personne, puisque les papiers sont à notre nom. Ada est devenue livide quand elle a compris que la voiture lui échappait, mais maintenant elle se coupe en quatre pour nous aider à trouver une solution. Il est 9 h 45. Un type qui a entendu notre conversation nous propose d’emmener la voiture à la casse. Quand elle sera débitée en petits morceaux, ils ne seront pas prêts de la retrouver. Il nous en indique une qui n’est pas très loin et qui pourrait reprendre notre voiture, nous pourrions même en tirer un petit bénéfice.

À la casse le mécano nous annonce qu’il est complètement fauché, en revanche il accepte de reprendre la voiture.

L’affaire est alors entendue et pendant que Benjamin discute un peu avec lui, j’entreprends de récupérer un peu de matériel dans la voiture, notamment quelques câbles que nous pourrions réutiliser.

Ada, muette, contemple sans bouger la voiture qu’elle considérait déjà comme sienne.

Et puis soudain, elle s’agite. Elle me dit d’aller chercher Benjamin et de récupérer les clés. Elle ne veut pas laisser la voiture comme ça, à cet inconnu. Elle dit qu’elle va se débrouiller. Bref elle est décidée. À quoi, je n’en sais rien, mais elle est tellement convaincue et convaincante qu’elle nous remet dans la voiture en direction l’hôtel.

Sur le chemin, elle nous dit qu’elle a des amis, qu’elle a encore presque trois mois devant elle, et qu’elle va trouver une solution.

On ne comprend pas très bien, mais il est maintenant 10 h 10 et notre embarquement est dans moins d’une heure. De l’hôtel, Ada nous appelle un taxi. Nous sentons qu’elle est très remuée par toute cette histoire, et les larmes lui montent aux yeux quand le taxi arrive et qu’on se prépare à partir. Elle continue de nous faire de grands signes alors que le taxi s’éloigne de l’hôtel à toute vitesse.

L’œil rivé sur la montre, nous décomptons les minutes à mesure que l’aéroport s’approche.

Heureusement, une fois arrivés, nous découvrons que c’est un tout petit terminal et nous n’avons pas à chercher bien longtemps parmi les quatre guichets pour trouver le nôtre.

Mais à l’enregistrement ça coince, notre réservation n’apparaît pas dans les fichiers de la compagnie. Heureusement, le vol n’est qu’à 11 h 50 ce qui nous laisse un peu de temps pour comprendre ce qui s’est passé. Nous découvrons que le paiement par carte a été refusé une semaine auparavant.

Nous devons donc aller repayer à un autre guichet. Ça à l’air très compliqué comme calcul et l’hôtesse qui s’occupe de nous passe un grand nombre de coups de téléphone. Elle gribouille des suites de chiffres, additionne, soustrait, divise, se trompe et recommence tout. Au final, nous payons nos billets moins cher, mais on n’ose pas le faire remarquer de peur qu’elle ne recommence tout. Enfin, elle imprime nos billets.

Nous sommes en règles, les bagages sont enregistrés. Nous nous asseyons dans les sièges inconfortables des salles d’attentes.

Les hauts parleurs annoncent notre vol.

Par la baie vitrée, nous contemplons une dernière fois les montagnes escarpées de la cordillère des Andes, puis nous passons les portes d’embarquement sans cesser de nous retourner.

Aug 31 '10

Patagonie day # 58 

Mardi 31

 

À peine réveillés, et sans même regarder par la fenêtre, nous reconnaissons cette ambiance particulière et cette sonorité inhabituelle.

Il a neigé pendant la nuit.

Vingt bons centimètres de neige intacte recouvrent la ville.

Comme une espèce de cadeau d’arrivé, on découvre Ushuaïa dans sa tenue d’hiver.

Avant de se lancer dans une bataille de boules de neige, nous devons passer à la mairie de la ville pour remplir les formulaires afin de faire don de notre voiture à la ville. C’est ce que nous avons décidé étant donné qu’il est interdit de vendre un véhicule étranger qui n’est pas en Argentin depuis au moins un an.

De toute façon, entre le pare-brise, le capot redressé à coups de marteau, la troisième vitesse qui déconne et la roue crevée, on aurait eu un peu de mal à la vendre.

Alors que nous grignotons notre petit-déjeuner, la patronne de l’hôtel, petite femme boulotte aux grosses lunettes en verre fêlées de part en part, nous pose des questions sur notre voyage.

Quand nous abordons le sujet de la voiture et de ce que nous allons en faire, elle nous dit en riant, qu’on ferait mieux de la lui donner, plutôt qu’à la municipalité qui est corrompue jusqu’à l’os… On se regarde, et sans vraiment réaliser, on lui dit : “Ok, pourquoi pas.”

À ces mots, le sourire de la petite femme se fige et elle nous demande de répéter. On lui explique que ça nous est égal, et que tant qu’à faire, si on peut l’échanger contre nos deux nuits d’hôtel, ça nous va. Dans la tête de la patronne, les idées et les émotions s’entrechoquent. Elle nous prend dans ses bras, nous remercie, puis reprend son calme, avant d’exploser de nouveau de joie. Histoire de la calmer un peu, nous lui expliquons qu’on ne connaît pas trop les procédures et qu’on espère que ça va marcher, mais qu’on ne lui garantit rien.

Elle se rassagie, mais elle est clairement folle de joie.

 

Nous voici donc en face d’un fonctionnaire au regard mou caché derrière des lunettes à quadruples foyers. Ses yeux de mouches nous regardent sans comprendre. Puis alors que nous tentons une nouvelle fois de lui expliquer, il nous dit d’attendre, se lève et disparaît. Les minutes passent et il revient avec une feuille blanche.

Enfin presque blanche. En haut, en tout petit, est imprimée une adresse. Pas très efficace comme méthode mais bon. Il nous explique que c’est un autre bureau dans la ville, et qu’ils ferment à deux heures et qu’il ne nous reste que quinze minutes pour y aller… On regarde nos montres, Il est 11 h 45. On lui fait répéter, mais il ressort la même phrase.

On lui explique qu’on a le temps d’y aller, même si c’est à l’autre coté de la ville, car Ushuaïa ça n’est vraiment pas grand.

On part, devant notre fonctionnaire dubitatif. Quelque chose nous échappe mais on ne voit pas trop quoi.

Bon ! on décide de ne pas traîner quand même. Lorsqu’on se retrouve face à la porte du bureau en question, celle-ci se ferme devant nous. On comprend. Avec son accent, on croyait que le fonctionnaire disait “deux heures” alors qu’en fait il disait “douze heures”… donc midi. Il est 11 h 59, le bureau est fermé, et on se croirait en train de commander un mac morning dans la chanson de Diziz la peste… (pour les initiés seulement.)

On rentre un peu dépités à l’hôtel. Demain nous partons à 13 heures, et on espère que la procédure ira vite… ce qui semble peu probable. On en parle à Ada, la patronne de l’hôtel, et on se dit que demain matin nous irons ensemble au bureau pour régler le problème. On passe faire tamponner nos passeports à l’office du tourisme, et on repart super-fiers d’avoir la preuve officielle de notre aventure.

Afin de profiter un peu de la neige, nous filons au parc national d’Ushuaïa. La route est couverte de neige, et nous roulons doucement.

Une de nos roues est remplacée par une roue de secours deux fois plus fine que les autres et nous n’avons pas de chaînes.

La voiture dérape pas mal et nous descendons des pentes si raides qu’on se dit qu’on ne va jamais réussir à les remonter. Nous sommes seuls à rouler dans la forêt enneigée. Le spectacle est féerique, et pourtant on se demande si on ne fait pas une connerie à s’aventurer en pleine forêt, sans chaînes, et avec la jauge d’essence allumée… 

Après quelques kilomètres, nous arrivons au bout de la route et nous descendons pour finir à pied. Un panneau en bois indique que nous sommes au point le plus au sud du monde. Une flèche pointe vers le nord et on peut y lire ALASKA 17 000 km. À vol d’oiseau bien sûr, car nous avons fait presque 10 000 km de plus par la route !

Nous continuons à nous balader dans la neige qui nous arrive jusqu’aux genoux. Nos chaussures d’été n’ont jamais été hermétiques et c’est en prévision que nous avons mis nos pieds dans des sacs en plastiques. ça marche bien, même si nos pantalons sont trempés. On joue et on se roule dans la neige jusqu’au cou.

Au milieu de ces magnifiques montagnes et de cette mer gelée nous vivons un moment hors du temps.

Plus de route, plus de timing, plus de problèmes.

Nous avons réussi et nous savourons ce moment de grâce !

Bon, en même temps, c’est la graisse qui tient chaud, et pas la grâce.

Le visage gelé, les doigts en mister freeze, on retourne grelottant et trempés à la voiture. Chauffage à fond et en chaussettes, nous reprenons le chemin en sens inverse. À nous de jouer, on va voir si on arrive à remonter les descentes enneigées. La voiture peine en troisième, toussote, glisse un peu mais nous arrivons à toutes les franchir. Dans la dernière ligne droite avant la route, je commence à faire déranger la voiture pour m’amuser un peu. Un coup de frein à main, la voiture fait une tête à queue sur la neige. Hilares, nous retentons la même procédure pour nous remettre dans l’axe, La voiture fait un 180° et nous nous retrouvons dans l’axe. Pourtant avec l’inertie, elle fait un peu plus que 180°… peut-être 200°… et elle se dirige droit dans le fossé.

Impossible de l’arrêter, les deux roues extérieures de la voiture s’enlisent dans le fossé de neige molle.

Super… On est à 100 m de la route goudronnée, et je viens de nous mettre dans le fossé. Un peu honteux je bataille avec le volant et en faisant patiner les pneus sur plusieurs mètres, je parviens enfin à sortir la voiture de sa mauvaise passe.

Vraiment… jusqu’au bout, il faut rester vigilant !

Nous retournons à l’hôtel pour nous changer et nous croisons Ada, tressautante, tremblante et dans tous ses états. Visiblement elle a du mal à se remettre de ce qui lui arrive. On espère qu’elle n’est pas cardiaque, parce que sinon elle ne va pas passer la nuit. Devant le fiasco d’hier, on part se faire un bon restaurant. On en trouve un où la viande est à volonté et on se fait un véritable festin. Après une bouteille de vin et quatre kilos de viande chacun on rentre à l’hôtel un peu vaseux et avec une énorme envie de nous laisser tomber sur nos lits. Mais c’est sans compter sur Ada, qui nous attend la mine grave. Cachée derrière ses grosses lunettes au verre cassé, elle nous demande les clefs de la voiture. On ne comprend pas trop. On lui donne. Elle monte alors derrière le volant et nous demande de monter dans la voiture avec elle. Elle veut aller faire un tour et veut

qu’on lui explique comment conduire. Pour nous, rien que le fait de se baisser pour rentrer dans la voiture est un effort dont on se passerait bien. Morts de fatigue et le ventre prêt à exploser, nous nous résignons et nous prenons place. Ada ne connaît pas les boîtes de vitesse automatiques, et dans notre espagnol de fin de journée nous tentons de lui expliquer. En vain… Ada, démarre la voiture en trombe, se lance sur la route, pile en freinant du pied gauche. On se retrouve propulsés sur le tableau de bord. Elle accélère, et nous voila collés sur nos sièges. De peur, elle freine tout en accélérant. Le moteur grogne, les freins grincent et nous sommes à deux doigts de vomir, on se dit que notre dernière heure a sonné. On fait deux ou trois fois le tour du pâté de maison, et Ada commence à comprendre le fonctionnement de la voiture. On se demande si elle a vraiment son permis, car elle grille tous les stops et s’exclame avec un geste de dédain. ” de toute façon, j’ai la priorité…” 

Elle finit par garer la voiture à moitié au milieu de la route, mais quand même en face de l’hôtel. Les jambes tremblantes, nous sortons de la voiture en pensant qu’elle ne fera pas long feu entre les mains d’Ada. Celle-ci nous propose de nous préparer à dîner, mais nous nous empressons de lui répondre que nous revenons du restaurant. Elle est affligée, et nous, soulagés. On rentre alors dans notre chambre, avec une méchante envie de se coucher tout habillés. Mais c’est alors que nous réalisons que nous n’avons pas fait nos sacs. Deux mois de voyages accumulés dans des caisses et sacs en tout genre qui doivent tenir dans deux sacs à dos. La tâche est immense et nous sommes à bout… mais nous n’avons vraiment pas le choix. Nous trions mollement les affaires et nous remplissons les caisses d’objets que nous ne pouvons pas prendre. Chaque élément nous rappelle des souvenirs du voyage et on n’a pas vraiment envie qu’il se termine.

En pleine nuit, nous sortons démonter les plaques d’immatriculation de la voiture pour les garder en souvenir.

On entend alors Ada, qui nous fait signe depuis sa chambre qui surplombe la rue… En pleine nuit, elle est en train de regarder la voiture… Un peu effrayés à l’idée de refaire un tour, on se dépêche et il est 3 heures du matin quand nous nous jetons épuisés sur nos lits. Demain, nous devons être à 8 heures à la mairie avec Ada.

Aug 30 '10

Patagonie day # 58

La nuit a encore été très froide. Mais nous avons échangé nos places dans le coffre et c’est Benjamin qui a hérité du coté bouche d’aération. Je passe une nuit relativement bonne, comparativement à Benjamin qui à son réveil a perdu la sensibilité dans une bonne partie de son corps.

Et pourtant, malgré le confort discutable de la situation, nous traînons un peu, comme si nous hésitions à nous lever.

Dans moins de 250 kilomètres, nous aurons atteint notre but.

Plus de soixante jours de voyages, et aujourd’hui, tout ça va prendre fin, nous ne nous sentons pas prêts à nous lever tout de suite.

Le jour se lève doucement et l’excitation nous rattrape.

Nous nous agitons autour de la voiture dans un ballet coordonné, avec le sentiment d’accomplir ce rituel pour la dernière fois et très rapidement la voiture est prête à reprendre la route.

Nous le sommes également et je prends le volant. La voiture continue de cahoter, le pare-brise craque comme jamais, mais les panneaux du bord de la route annoncent Uhshuaïa à moins de deux cents kilomètres, puis cent cinquante, puis cent… 

Nous ne sommes plus qu’à quatre-vingts kilomètres quand la voiture, après une sourde explosion, ralentit considérablement en zigzagant.

Le pneu a explosé.

Au Honduras, nous avions dû piler à pleine vitesse pour éviter de nous emplafonner dans un camion fou, et du coup, ce pneu avait fortement souffert, mais il avait tenu le coup tout le long du voyage.

L’émotion est forte quand nous sortons de la voiture.

C’est probablement la dernière panne du voyage, et c’est aussi l’une des rares que l’on est certain de pouvoir réparer sans rien aggraver.

Le pneu est mort, il y a un trou de la taille d’un doigt dans la carcasse. On doit donc utiliser notre roue de secours, une bonne vieille galette qui nous oblige à ne pas dépasser les quatre-vingts kilomètres, un peu comme si la voiture avait tout fait pour que nous prenions notre temps avant d’arriver.

À cette vitesse, il nous faudra une heure exactement pour arriver.

Pendant tout ce voyage, nous avons traversé une incroyable quantité de paysages différents, nous les avons vus lentement passer de la forêt au désert, du désert à la jungle, de la jungle aux marais, des marais aux montagnes, et pourtant, c’est pendant cette dernière heure de route que le paysage va changer le plus rapidement et le plus fortement.

Des longues étendues de plaines, nous nous rapprochons de la pointe sud de la cordillères des Andes. A soixante-dix kilomètres, les montagnes noires parsemées de neige se découpent à l’horizon, alors qu’un vent polaire se lève et emporte quelques flocons qui tourbillonnent autour de nous. À cinquante kilomètres, nous sommes en pleine montagne, entourés de stalactites de glace, et la neige tombe maintenant en lourds paquets, entraînés par un vent très puissant.

En même temps qu’un petit car de touriste, nous nous arrêtons au bord de la route pour faire quelques photos. Le vent me coupe en deux et j’ai du mal à garder un souffle régulier. Une fois que la photo est prise, quelques touristes argentins montrent un vif intérêt pour notre périple qui touche maintenant à sa fin, mais j’ai tellement froid, que je n’arrive pas à répondre autrement que par oui ou non. Nous ne sommes plus qu’à dix kilomètres, et nous revoici dans les dernières montagnes de la cordillères des Andes. Nous l’avons prise à sa racine en Colombie, et traversée deux fois, nous l’avons longée sur toute sa longueur, et nous voyons sa fin, quand elle commence à se perdre dans la mer.

Enfin, au détour d’un virage, nous voici arrivés.

Nous nous arrêtons juste à l’entrée de la ville, sous une grande arche de bois sculpté qui annonce la fin du voyage.

Nous sommes un peu sonnés, et en même temps heureux.

Nous avons réussi.

On envoie des messages à ceux qui nous ont suivis, de prêt où de loin, et on retarde de prêt d’une heure et demie l’entrée dans Ushuaïa.

On fait des photos devant le portail et finalement on entre dans la ville.

Ushuaïa, ou plutôt son centre, se compose de quatre rues horizontales et d’une douzaine de petites perpendiculaires, en moins de cinq minutes, on le traverse de part en part. C’est donc sans peine que nous trouvons le premier des hôtels de notre liste.

Nous nous garons juste devant, et nous sommes accueillis par Ada, la gérante, son mètre quarante, ses lunettes aux verres cassés et son sourire.

Il y a de la place, alors on ne cherche même pas à en visiter d’autre.

On commence par transvaser intégralement la voiture dans notre chambre, sous l’œil un peu inquiet d’Ada qui nous voit décharger des caisses et des sacs d’objets bizarres qui s’entassent sur le pas de sa porte. Mais on finit par tout faire disparaître dans la chambre et elle retrouve son sourire.

La première étape est de nous laver.

Ça fait bien cinq jours qu’on n’a pas touché un savon, et même si dans le froid, c’est moins grave que sous la chaleur des tropiques, on n’est pas tout frais.

Je suis le premier sous l’eau, pendant que Benjamin rebranche l’ordinateur et se reconnecte au monde réel.

Une fois propres, nous décidons d’aller faire laver notre linge à une laverie proche. Notre linge sera disponible demain, vers 19 heures.. On a un peu de mal à comprendre pourquoi, mais pour une fois on a le temps et on accepte sans broncher.

Prochaine étape, l’office du tourisme où l’on se fait délivrer un tampon spécial sur notre passeport, attestant notre présence au bout du monde.

On part ensuite se balader dans les rues d’Ushuaïa, où plutôt dans une rue qui est la seule rue marchande du centre.

La proximité de l’Antarctique, la nature et les montagnes toutes proches ont fait d’Ushuaia un lieu privilégié pour toutes les activités de montagnes et d’aventures du froid.

Ici, tout le monde est couvert de vêtements polaires et les touristes abondent. On écume toutes les boutiques car Benjamin se cherche un manteau technique pour le froid, mais on constate amèrement que les prix sont assez proches de ceux que l’on connaît.

Nous continuons de nous promener dans la rue, la neige qui tombe lentement et les lumières des boutiques créent une ambiance de fêtes de Noël.

Peu à peu nous réalisons que nous sommes arrivés, et que demain nous n’aurons pas à reprendre la route.

De toute façon, même si on le voulait, on ne pourrait pas, nous sommes arrivés au bout du monde, et les boutiques nous le rappellent tous les cinq mètres.

Le « marchand de cuir du bout du monde », le bijoutier du bout du monde », « la boulangerie du bout du monde », qui vend des gâteaux du bout du monde… 

Bref, le bout du monde est manifestement le fonds de commerce de la région. La nuit tombe, et malgré le froid, c’est sans grand appétit que nous nous réfugions dans un petit restaurant, forcément bon puisque bondé.

Finalement, ce n’est pas si bon que ça, on prend un plat où là teneur en gras et protéine est suffisante pour alimenter un phoque pendant trois jours, et c’est tout ballonnés qu’on en ressort pour retourner à l’hôtel.

Nous arrivons dans la chambre et retrouvons tout notre matériel éparpillé. Un gros poêle a gaz fait son maximum pour lutter contre le froid de la chambre, mais c’est encore les couettes qui y parviennent le mieux.

Nous nous endormons doucement, pendant qu’à l’extérieur la neige s’épaissit doucement.

The night has been really cold again. But we have switched places in the trunk and Benjamin got the air shaft side now. I spend a pretty good night, compared to Benjamin who has lost the sensitivity in most parts of his body, when he woke up.
And yet, despite the questionable comfort of the situation, we drag our feet a bit, as if we were hesitating in getting up.
In less than 250 kilometers, we will have reached our goal.
More than sixty days of travelling, and today, all that is going to end, we don’t feel ready to get up yet.
The sun rises slowly and the excitement is back again.
We move around the car well coordinated with the feeling to fulfill this ritual for the last time and very quickly, the car is ready and ready to get on the road again.
We are ready too and I drive. The car still bounces along, the windshield cracks like never, but the road signs on the roadside announce Ushuaia to be at less than two hundreds kilometers, then one hundred and fifty, then one hundred…
We are only eighty kilometers away when the car, after a muffled explosion, slows down very fast while zigzagging.
the tire has exploded.
In the Honduras, we had to slam on the brakes to avoid hitting a crazy truck, hence the big suffering of this tire, but it had hold up during the whole journey.
The emotion is strong when we get out of the car.
It’s probably the last breakdown of the journey, and it’s also one of the rare moments that we know we’ll be able to repair it without getting anything else worse.
The tire is dead, there’s a hole the size of a finger in it. We have to use the emergency tire, a good old pancake forcing us to stay below 80 km/h, as if the car did everything in order for us to take our time to get there.
At this speed, we’ll need exactly one hour to get there.
During this whole journey, we’ve been through an incredible variety of landscapes, we have seen them change slowly from forest to desert, from desert to jungle, from jungle to swamps, from swamps to mountains, and yet, it is during this last hour that the landscape changes the fastest and the strongest.
From the long vast plains, we’re getting closer to the tip of the Cordilleras in the Andes. At seventy kilometers, the dark mountains scattered with snow take shape in the horizon, as a polar wind rises and brings some whirl-pooling snow flakes around us. At fifty kilometers, we are in the mountain, surrounded by ice stalactites, and the snow falls heavily now, dragged by a very strong wind.
We stop on the side of the road at the same time a car full of tourist does, in order to take some photos. The wind cuts me half and I have trouble breathing regularly. Once the photo taken, some Argentinian tourists show some strong interest for our now ending voyage, but I am so cold that I can’t answer other than a yes or a no. We’re only ten kilometers away now, and here we are in the last mountains of the Cordillera in the Andes. We first rode it at its root in Colombia, and crossed it two times, we have been along it over all its length and now we see its end, when she starts to plunge in the see.
Finally, right around the corner, we are there.
We stop right at gates of the city, under a big sculpted wooden arch, announcing the end of the journey.
We’re a bit stunned bu happy at the same time.
We made it.
We send messages to those who followed us, from far or close, and we delay our entrance in Ushuaia of about an hour and a half.
We take some photos in front of the portal and finally we go in the city.
Ushuaia, or rather its center, is made of four horizontal streets cut perpendicularly by a dozen of little streets, in less than five minutes, we cross the city straight through. So we easily find the first hotel on our list.
We park the car right in front of it and we’re welcomed by Ada, the manager, one meter forty tall, her broken glasses and her smile.
There is a vacant room so we don’t even try looking for another hotel.
We start by putting everything we got in the car, in our new room, under the worried eyes of Ada seeing us unloading cases and bags full of weird objects piling up on the front door.
But we end up cleaning it all up in our room and she gets her smile back.
First step is to take a shower.
It’s been at least five days since we last touched a soap, and even if in the cold, it’s not as bad as under the tropical heat, we’re not very fresh.
I’m the first to get under the shower while Benjamin plugs back the computer to get linked back to the real world.
Once clean, we decide to go have our laundry washed in a nearby launderette. Our laundry will be ready tomorrow around 7 pm… We’re having trouble understanding why, but now we have the time so we agree without saying anything.
Next step, the tourist center where we get a special stamp on our passport proving our presence at the end of the earth.
Then we go wander around in the streets of Ushuaia, or should we say in one street which is the only shopping street of the center.
The proximity of Antarctica, the nature and the nearby mountains have made Ushuaia a special place for mountain activities and cold adventures activities.
Here, everybody is covered from head to toe with fleece and it’s full of tourists. We go inside all the shops because Benjamin is looking for a technical coat against the cold, but we bitterly see that the prices are pretty much close to the one we already know.
We go on wandering in the street, the slowly falling snow and the shops lights create a Christmas holidays mood.
Little by little, we understand that we arrived, and that tomorrow we won’t have to take the road again. Anyway, even if we wanted to, we couldn’t, we’re at the end of the earth, and the shops remind us that every five meters.
The “leather shop of the end of the earth”, “the jewelery store of the end of the earth”, “The bakery of the end of the earth”, selling cakes of the end of the earth…
Well, the end of the earth is obviously the business assets of the area. The night falls and despite the cold, it’s without great appetite that we we take shelter in a little restaurant, surely good since it’s crowded.
In the end, it’s not that good, we choose a meal with enough fat and protein to feed a seal for three days, and we get out the stomach bloated and go to the hotel.
We get in our room where we find all of our scattered stuffs, a big gas stove does ts best to fight against the coldness of the room, but the comforter is what’s best.
We slowly fall asleep, while the snow slowly thickens outside.

Aug 29 '10

Patagonie day # 57

La journée commence avec un magnifique levé de soleil. Pendant que Quentin compte ses doigts pour voir s’il n’en a pas perdu pendant la nuit, je me lance dans un time lapse du soleil qui se lève…

Mais, frigorifiés nous abandonnons au bout de quelques minutes. La température n’est pas vraiment remontée et on ne quitte plus nos quatre couches de vêtements. En revanche, nos chaussures sont particulièrement inefficaces et on a constamment les pieds gelés. La route reste toujours aussi droite et monotone. Aujourd’hui nous devons encore parcourir un peu moins de 600 km, et nous devons passer la douane avec le Chili, car le seul moyen d’accéder à Ushuaïa, c’est de passer par une péninsule chilienne.

Voila plusieurs jours que nous ne mangeons que des boîtes de conserves, et nous mourrons d’envie de manger des fruits et des légumes. On s’arrête donc à un supermarché et on fait le plein de fruits, qu’on dévore à peine sortis du magasin. Il nous reste un gros régime de bananes que nous gardons pour plus tard.

La route reprend.

Toujours autant de lamas, d’émeus et même un très beau renard peu farouche.

À vrai dire, même si la route est monotone, nous ne nous ennuyons pas.

Nous trépignons ! Nous nous serrons la main à chaque panneau Ushuaïa, la victoire est plus proche que jamais.

Nous approchons enfin de la douane, et nous préparons à notre traditionnelle routine de formulaires, de papiers et coups de tampons.

Une fois les formalités remplies, nous nous apprêtons à monter dans la voiture, quand on nous fait signe qu’il faut la fouiller afin de vérifier que nous n’avons pas de fruits et légumes avec nous.

Sans faire gaffe, nous avons déclaré sur les formulaires que nous n’emportions rien avec nous, alors que notre énorme régime de banane est négligemment posé sur l’accoudoir central de la voiture. La douane va nous refaire le coup des avocats, mais en plus cette fois nous risquons de payer une amende ! On se précipite dans la voiture et on cherche ou planquer nos bananes ! En regardant la voiture en face de nous, on réalise que chaque coin et recoin sont fouillés par les douaniers.

Ils nous font signe d’approcher… plus le temps.

On coupe le régime en deux et on en planque une moitié chacun sous notre siège.

On sort de la voiture tout sourire et hyperconciliants.

Quel beau métier que celui de douanier !

Magnifique temps n’est ce pas ! :) On s’empresse d’ouvrir les caisses et les sacs qu’on nous montre du doigts, on joue les bon élèves.

Une douanière nous regarde dans les yeux.

Avez-vous des fruits ou des légumes avec vous ?

On répond en chœur : Nous ? Noooooooonnnnn !

Bon là on s’imagine déjà en plein Midnight Express. Après une courte pause, la douanière sourit et referme le coffre.

Welcome in Chile

Jamais banane n’aura eu aussi bon goût que la banane interdite du Chili !

Bon, on fait quand même gaffe de pas balancer les peaux n’importe où et on les garde avec nous.

On s’approche du bord de mer, la route semble y descendre tout droit.

D’après nos calculs, nous avons raté le ferry à dix minutes prêt, nous allons donc devoir attendre 1 h 30 dans le froid.

Mais lorsque nous approchons du rivage, le petit ferry est encore là !

Un des marins nous fait signe de nous dépêcher et sans même ralentir, nous embarquons dans le ferry, qui ferme ses portes derrière nous.

On nous indique la caisse à bord pour aller régler le passage.

Les marins sont visiblement impressionnés par notre périple, on les entend qui se parlent entre-eux en montrant la voiture du doigt.

Le billet acheté, les marins nous invitent à la microcafétéria (Deux bancs et deux grosses cafetières) et nous parlons pendant toute la traversée (20 minutes) Chacun se raconte des histoires de voyage, et nous leur racontons notre itinéraire. Un des marins, édenté se marre avec nous en nous disant qu’il n’a plus de dent à cause de la coca. On rigole un peu gênés d’avoir autant de dents face à lui.

Le soleil se couche et le bateau arrive de l’autre coté du détroit de Magellan.

Les marins nous serrent chaleureusement la main et nous reprenons la route.

Plus que 200 km pour atteindre Ushuaïa ! Le cœur battant on se lance sur la piste de terre qui nous mènera à notre destination.

En pleine nuit, nous roulons en trombe sur cette piste de terre fine. La voiture dérape dans les virages et nous frôlons de gros camions qui soulèvent d’énormes nuages de poussière.

Nous avons le cœur qui bât fort et nous nous attendons à découvrir Ushuaia après chaque sortie de virage.

Pourtant, il nous reste une douane à passer. On doit de nouveau rentrer en Argentine.

Au bout de la piste de terre, la douane apparaît. La douane du bout du monde !

Les formalités sont rapides et ici aussi, on constate que les fonctionnaires jouent beaucoup au solitaire sur leurs vieux PC.

On se demande combien d’heures sont passées par les fonctionnaires du monde entier à jouer à ces jeux, le chiffre donne le tournis.

Après les derniers coups de tampon du voyage, nous reprenons la route dans la nuit noire. Mais au bout de quelques kilomètres nous faisons le point. Est-ce qu’après deux mois de route, nous voulons arriver de nuit à notre destination ?

Il fait si froid que nous allons vite devoir trouver un hôtel, à peine arrivés en ville….  

Ce n’est pas le meilleur moyen de savourer cette victoire.

On se décide donc à repasser une nuit dans la voiture.

La température est encore plus basse qu’hier, et c’est simplement douloureux de mettre un pied dehors. On se couche grelottant et en inversant les côtés.

Cette fois c’est moi qui dors du côté de la ventilation.

Un bon truc à retenir. Évitez le côté droit si vous devez dormir dans une Subaru !

The day starts with a beautiful sunrise. While Quentin is counting his fingers to see if didn’t lose any duriing the night, I begin a time lapse of the sun rising…

But, frozen, we give up after a few minutes. the temprature hasn’t really increased and we never get out of our four layers clothes. On the other hand, our shoes are particularly inefficient and we always have frozen feet. The road is still that straight and that monotonous.  Today we have to do a little less than 600 km, and we need to go through the Chilean customs, because the only way to go to Ushuaia, is to go through the Chilean peninsula. 

We’ve eating out of food cans for many days now, and we die to be able to eat fruits and vegetables. So we stop in a supermarket and we buy a lot of fruits, which we devour as soon as we get out the store. We still have a big bunch of bananas left which we’re keeping for later. 

We take the road again.

Still so many lamas, emus and even a very beautiful and not so shy fox. 

Actually, even if the road is monotonous, we’re not bored. 

We’re really eager ! we shake each others hand each time there’s a sign with Ushuaia on it, the victory is closer than ever. 

Finally, we’re getting closer to the border and we’re getting ready for the usual routine of forms and papers to fill and stamps to get.

Once the formalities fulfilled, we get ready to get back in the car we they tell us that they need to search it in order to check that we don’t have any fruits or vegetables with us. 

Without paying attention, on the forms, we declared that we weren’t bringing anything with us, when instead the huge bunch of bananas is carelessly standing on the middle arm-rest of the car. They’re gonna do like they did for the avocados, but this time we might have a fine to pay ! We jump in the car and try to hide our bananas ! When looking at the car in front of ours, we realise that they’re earching every corners of the cars.

They tell us to come closer…. no more time left.

We cut the bunch in half and we hide each half under our seats.

We get our of the car all smiley and very obliging. 

What a beautiful profession it is, customs officer !

Beautiful weather isn’t it ! :) We hasten to open the boxes and the bags they show us with their finger, we are good little pupils. 

A female customs officer looks us in the eyes. 

Do you any fruits or vegetables with you ?

We answer in unison : Us ? Noooooo !

So now we already see ourselves in the novie Midnight Express. After a short break, the customs office smiles and shut back the trunk. 

Welcome in Chile

Never a banana would have tasted better than the forbidden banan of Chile !

Well, we’re still beeing careful not to throw the peals everywhere and we keep them with us. 

We’re getting closer from the sea side, the road seems to go down there straight forward.

According to our calculation, we have missed the ferry by ten minutes, we then, gonna have to wait one and a half hour in the cold. 

But when we’re getting closer from the turn, the little ferry is still there !

One of the sailors wave to us to tell us to go faster and without even slowing down we get on the ferry, which closes its doors right behind us. 

We’re being shown the cash desk on board to pay for the trip. 

The sailors are apparently impressed by our journey, we hear them talk to each other while pointing at our car. 

The ticket bought, the sailors invite us to the micro cafeteria (two benches and two big coffee machines) and we talk during the all crossing (20 minutes). Everyone tells story about their journeys and we tell them about our itinerary. On of the sailors, with no teeht, laughs with us telling us he has no teeth left because of the coca. We laugh a bit embarassed to have so many teeth compared to him. 

The sun sets and the boat arrives on the other side of the Strait of Magellan.

The sailors shake our hands warmly and we take back the road.

Only 200 km left to reach Ushuaia ! With a beating heart , we get on the dirt trail which will lead us to our destination.

In dark night we hit the road on this fine dirt trail. The car skids in the turns and we come very close to some big trucks creating huge clouds of dust.

We have the heart beating hastingly and we’re expecting to discover Ushuaia after each turn. 

We still have one border to go through though. We need to go back in Argentina. 

At the end of the dirt trail, the customs appear. The customs at world’s end !

The formalities are fast and here too, we realize that the civil servants play a lot to Solitaire on their old PCs. 

We wonder how many hours are spent by by the civil servant of the whole world playing those kind of games, the numbers makes us feel giddy.

After the last stamp of the journey, we take the road again in the dark night. But after a few kilometers we take stock of the situation. After two months on the road, do we really want to arrive by night to our destination ?

It is so cold that we’re going to have to find a hotel really quickly, as soon as we get in town…

It’s not the best way to savor this victory. 

We decide then to spend another night in the car. 

The temperature is lower than yesterday, and it is just painful to put one foot outside. we go to sleep shivering and by inverting sides. 

This time, I sleep on the side of the air shaft.

A good thing to remember. Avoid the right side if you have to sleep in a Subaru !

Aug 28 '10

Patagonie day # 56

Quand on est en plein milieu de la magnifique pampa argentine, se réveiller à 6 h 30 n’est pas si douloureux qu’on pouvait l’imaginer, La végétation s’étire sur des milliers de kilomètres, et nous roulons déjà depuis une demie heure quand les rayons du soleil viennent réchauffer l’habitacle de la voiture. La route est droite… vraiment droite. Il nous arrive de ne pas tourner le volant pendant des heures entières. Nous sommes sur un rail immense qui traverse la Patagonie. Face à la monotonie du décor, nous écoutons un nouvel audio-book : “Voyage au centre de la terre” de Jules Verne. Les phases de description de l’auteur sont aussi longues que la route et nous nous amusons à imiter le style soutenu de l’époque pour nous parler.

- Mon cher Quentin, il me semble, si je ne m’abuse, qu’il est désormais l’heure de changer de conducteur.

- Mais très certainement, mon cher frère. Arrêtons-nous donc au bord de cette route splendide afin de procéder au plus vite à ce changement. Vous devez être las de tant de kilomètres parcourus.

-143 kilomètres exactement mon cher ami, et ceci à la vitesse quasi constante de 120 km/h, comme l’indique l’odomètre. Formidable outil de mesure inventé en 1908 par Sir Alex Paterson et dont notre véhicule est équipé en série.

Il se pourrait même que cela se ressente dans notre blog, et n’ayant ni le talent de Jules Verne ni son vocabulaire, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques !

Bref, moins concentrés sur la route, nous le sommes également moins sur le compteur. Et sans nous en rendre compte, nous avons retrouvé notre vitesse de croisière de 120 km/h d’antan. Nous alternons toujours toutes les heures, et bercés par les aventures géologiques du Pr Lindenbrook nous enchaînons les kilomètres. Parfois, la voiture se met à toussoter, et nous ne parvenons pas à identifier l’origine du problème. Lorsque la voiture passe en troisième, elle s’essouffle, et manque de compression. Comme si l’une des bougies n’assurait plus sa fonction. Pourtant, dès que nous arrivons à passer en quatrième toute l’énergie revient et le compresseur se lance, propulsant de nouveau la voiture dans une vive accélération. Nous n’avons pas vraiment le temps de regarder sous le capot, nous ferons avec et resterons au maximum en quatrième.

Alors que désormais les lamas et les émeus galopent et sautillent dans la pampa par centaines, les villes sont de plus en plus éloignées les une des autres. Notre réservoir suffit à peine à rallier deux stations services, et nous les atteignons avec le réservoir quasiment à sec. Lorsque nous sortons pour faire le plein, la température et le vent nous glacent d’un seul coup. Nous en profitons pour faire quelques opérations de base sur la voiture. Sous un vent frigorifique, je démonte le pneu avant droit, abîmé jusqu’à la corde par un freinage d’urgence au Costa Rica et je le mets à la place du pneu arrière droit que je passe devant. Nous ne sommes pas sûrs que ce pneu finira le voyage, mais si proches du but nous ne voulons pas le changer ou le faire réparer. Nous n’avons plus de batterie pour écouter la fin de notre audio-book, Quentin décide donc de tirer un câble depuis la batterie de la Subaru pour pouvoir recharger l’iPod dans la voiture. Toute l’opération prend trente minutes et nous reprenons la route , transis, mais ré-oxigénés !

En faisant le point sur notre progression du jour, nous réalisons que nous avons pris de l’avance. Ce n’est pas énorme, mais suffisamment pour reprendre confiance. Aucun remord à rouler toute la journée, il n’y a rien d’autre à faire, alors autant atteindre notre but avec un peu d’avance. Car justement, c’est de l’arrivée qu’il est question. Comme aspirés par la vitesse d’inertie de deux mois de route et de voyage, nous sentons, plus que jamais, que chaque kilomètre parcourru nous rapproche du but final. Située au bout de la Terre de Feu, cette destination qui, jusqu’à présent, nous semblait loufoque et étonnait les gens que nous croisions, va bientôt devenir une réalité.

Nous le réalisons pleinement quand à la sortie d’un village, nous découvrons le premier panneau indiquant : « Ushuaïa -1975 km ». Ce panneau nous bouleverse.

Nous allons y arriver, nous en sommes certains.

À l’échelle de ce que nous avons déjà traversé, 1975 km, cela semble à portée de main. Les heures s’enchaînent désormais plus vite et c’est avec une certaine impatience que nous nous résignons à nous arrêter au bord de la mer glaciale pour y passer la nuit.

Tout est battu par les vents et l’humidité froide est pénétrante. Nous ne pouvons pas installer la tente. Il fait -3 °C et nous sommes vraiment sous-équipés pour ces températures. Nous devons dormir dans la voiture. Littéralement congelés. Tout ce que nous avions mal préparé se venge sur nous.

Nos chaussures d’été en mailles tressées laissent passer le froid et l’eau et nos pieds sont glacés en quelques minutes. Nos gants ne sont pas hermétiques et nous avons du mal à manipuler les objets. Nos sweat-shirts nous isolent à peine du froid et du vent et ils sont bientôt aussi gelés que nous. Au quotidien, moins trois degrés ne semblent pourtant pas être une température extrême. Mais le vent, l’humidité et surtout le fait que l’on doive dormir sans rien pour nous réchauffer, nous poussent à tenter de faire un feu. Nous ramassons ça et là quelques branches mortes, mais le feu se consume vite sous l’effet du vent et nous devons nous rendre à l’évidence que nous allons devoir nous coucher transis de froid.

Couverts de quatre couches de vêtements, nous nous roulons dans nos duvets, prêts à endurer la nuit la plus froide que nous ayons eus à vivre. Nous relativisons en réalisant que cet hiver, à Paris, des dizaines de sans domicile fixe devront dormir dans ces conditions…

Where you are right in the middle of the beautiful Argentinian Pampa, waking up at 6:30 am isn’t as bad as we’d thought, The vegetation goes as far as the eye can see and we’ve been driving for half an hour already when the sun rays start to heat the inside of the car. The road is straight… Really straight. Sometimes we never turn the steering wheel for hours. We are on a huge rail going through Patagonia. Before this uneventful landscape, we listen to a new audio-book :”Journey to the center of the Earth” by Jules Verne. The descriptions stages in the book are as long as the road is and we’re having fun imitating the formal style of the old time spoken by the narrator.

- My dear Quentin, it seems to me, If I’m not wrong, that it is now time  to change drivers. 

- But much certainly, my dear brother. Let us stop by the side of this beautiful road in order to proceed much faster. Thou must be tired after so many kilometers done. 

- Exactly 143 kilometers my dear friend, and this, at the constant speed of 120 km/h. Wonderful tool invented in 1908 by Sir Alex Paterson and which our vehicle is equipped with.

You might even feel it in our blog, but having neither the skill of jules Verne nor his vocabulary, this could have dramatic consequences !

Well, less focused on the road, we are also less focused on the speedometer. And without even noticing it, we got back to our cruise speed of 120km/h. We still alternate every one hour, and, rocked by the geological adventures of Pr. Lindenbrook, we go kilometers after kilometers. Sometimes, the car coughs a little and we cannot find the source of the problem. When we change the gear to third, she gets out of breath and lacks power. As if one of the spak plugs didn’t serve its purpose anymore. Yet, when we get to switch to fourth, all the power comes back and the compressor is more powerful, propelling the car in a strong acceleration. we don’t really have the time to look under the hood, we’ll drive and will try to stay in fourth gear. 

As from now on, hundreds of lamas and the emus run and jump in the pampa, the cities are more and more far apart from each others. Our gas tank is just enough to link two gas stations, and we get there with the tank almost empty. When we get out to fill up the tank, the wind and the temperature freeze us all at once. We take the opportunity to do some basic operations on the car. Under a freezing wind, I unmount the front right tire, worn down to the tread due to an emergency breaking in Costa Rica. And I switch it with the back right tire. We’re not sure that this tire will go all the way, but so close from the goal, we don’t want to change it or have it repaired. We don’t have enough battery to listen to the end of our audio book, so Quentin decides to pull a cable out of the Subaru’s battery to be able to charge the iPod in the car. The whole operation takes thirty minutes and we take the road again, frozen but filled with fresh air !

While taking stock of the situation on our progress for the day, we realize that we’re early on the schedule. It’s not huge but enough to gain some self-confidence again. No remorse  whatsoever to be driving all day long, there is nothing else to do so it’s better to reach our goal with a bit of a lead. Because, now this is all about the finish. As if sucked by the inertia speed of two months driving and two months journey, we feel, more than ever, that each kilometer done gets us closer to the final goal. Taking place at the other side of the Earth of Fire, this destination, which, until now, seemed crazy and astonished the people we met, will soon become a reality. 

We fully realize it when, outside a village, we see the first sign showing : “Ushuaia - 1975 km”. This sign moves us. 

We’re gonna make it, we are sure of it now. 

When looking at the scale of what we already went through, 1975 kilometers really seems at the reach of the hand. The hours pass one after the other much faster now, and it’s with a certain eagerness that we bitterly agree to stop on the freezing sea side to spend the night. 

Everything is beaten by the winds and the cold humidity is going through our bones. We cannot put up the tent. It’s minus 3 degrees celsius an we really are under-equipped for those temperatures. We must sleep in the car. Literally frozen. Everything we had not well prepared for, is now taking its revenge on us. 

Our woven mesh summer shoes let the cold and the water through, and our feet are frozen in a few minutes. Our gloves are not weatherproof and we’re having trouble manipulating objects. Our sweaters barely protect us from the cold and the wind and they are soon as frozen as we are. But the wind, the humidity and especially the fact that we have to sleep with nothing to heat ourselves, encourage us to try to light a fire. Here and there, we pick up some dead branches, but the fire burns very fast because of the wind and we must agree that we’re going to sleep, freezing.

Covered with four layers of clothes, we wrap ourselves in our sleeping bags, ready to put up with the coldest night we had to go through yet. We put things in perspective when realizing that next winter, in paris, dozens of homeless people will have to sleep under the same conditions.

Aug 27 '10

Salta Argentina DAY 55

La température est fraîche mais confortable. Le soleil vient tout juste d’apparaître au-dessus de la ligne d’horizon et éclaire de sa lumière pâle le petit champ où nous venons de passer la nuit. Nous émergeons de la tente rapidement pour vérifier que le pare-brise a résisté aux températures de la nuit. Je m’attends à le retrouver étalé sur les sièges avant, mais non, il n’a pas bougé, et même s’il semble toujours aussi fragile, nous avons bon espoir qu’il tienne le coup.

Il est encore très tôt et nous sommes déjà sur la route.

On traverse plusieurs villes en contractant tous nos muscles à chaque ralentisseur, mais rien ne se passe. Même si on s’attend moins à ce qu’il s’effondre sur nous, toutes nos pensées sont tendues vers le pare-brise. On a déjà roulé depuis six heures quand on s’accorde une pause d’une heure pour manger et faire une petite sieste. Ca complète la nuit un peu courte que l’on vient de faire. Rassasiés et reposés, c’est l’heure de faire un point sur la carte. Incrédules, nous réalisons qu’en six heures de conduite non-stop nous n’avons parcouru qu’à peine 300 kilomètres. On repense au trajet, et même en tirant de tous les côtés, il y a deux heures de battement que l’on ne s’explique pas. À ce rythme-là, Ushuaïa n’est pas prêt d’arriver. Nous reprenons la route sans perdre une minute supplémentaire et sous le coup de la pression nous dépassons légèrement les vitesses supposées limites pour le pare-brise. L’ensemble tient le choc sans broncher ni émettre de son ou de vibrations inquiétantes, cela devient donc notre nouvelle vitesse de croisière. Nous avançons dorénavant à la vitesse vertigineuse de cent kilomètres à l’heure. Ce n’est toujours pas K2000, mais on a déjà plus la sensation d’avancer, et ça limite l’endormissement.

Le seul et unique arrêt que nous ferons durant le reste la journée, hormis les pleins, sera pour acheter un gros pain et du saucisson de fabrication artisanale. Tout ce qui peut changer un peu de la boîte de conserve est le bienvenu, et nous les dévorons à toute vitesse mais en goûtant leurs saveurs. À force de manger du pain industriel, le bon goût du pain à l’ancienne nous fait beaucoup de bien. À part ça, les miles défilent et les routes semblent être tracées pour joindre l’horizon. Les paysages quasiment identiques ne varient que lors des variations de la lumière. La route est parsemée de lamas à poils longs ou ras qui la traversent, mais aussi d’étranges rapaces qui font penser à des aigles coiffés à la punk.

Peu à peu, le soleil disparaît au loin, mais la voiture continue de rouler.

On roulera ainsi encore quelques heures dans la nuit noire, mais c’est insuffisant pour atteindre l’objectif prévu par notre planning.

Nous avons encore 250 km de retard, mais il est déjà tard, et l’on préfère se préserver pour la suite en veillant à dormir au moins six heures par nuit.

La route est parfois croisée par des chemins de terre et nous empruntons l’un d’eux pour nous mettre à l’abri du bruit et des lumières de la route.

Nous nous arrêtons sur le bas-côté, et nous remarquons la présence d’un grand nombre de terriers, petits et grands, et de quelques traces que nos talents de pisteurs nous permettent d’identifier comme “non-humaines”.

On va se coucher, la nuit est froide, mais grâce à notre équipement c’est très supportable .

Le soleil se lèvera à 7 h 30 demain, le réveil est réglé pour 6 h 00, heure à laquelle il devrait y avoir suffisamment de lumière pour commencer à rouler. Nous sommes enveloppés dans nos duvets et je crois reconnaître les bruits de pas de plusieurs lapins, serein, je glisse dans le sommeil. Benjamin, lui, se débât avec l’idée de serial killer qui nous broierait d’un coup de maillet, tente et duvet compris.

Il finit quand même par s’endormir et nous passons une bonne nuit sur le délicat sol de sable.

Q.

The temperature is fresh but nice. The sun just appeared above the horizon and lighten up the little field where we spend our night, with its pale light. We quickly emerge from the tent to verify that the windshield resisted to the night temperatures. I expect to find it laying on the front seats but no, it didn’t move, and even though it still looks fragile, we have good hope that it’ll hold up. 

It’s still very early and we are already on the road. 

We go through several cities while tensing our every muscles at each road hump, but nothing happens. Even though, now, we less expect for it to fall on us, our thoughts are still about the windshield. We already have driven for six hours when we take a one hour break to eat and to take a little nap. It completes the short night we just had. Full and rested, it’s time to take a look at the map. Incredulous, we realize that after six hours non-stop on the road,  we only did 300 kilometers. We think back of the road, and even if we think hard, there’s still two hours lost we can’t figure out. At this pace, we won’t be in Ushuaia soon. Without spending any further time, we take the road again and under the pressure, we slightly go over the speed limit, only to spare the windshield. The whole thing holds nicely without doing any sound or worrying vibrations, so this becomes our new cruise speed. We go now at the crazy speed of 100 kilometers per hour. It’s no Kit (Knight Rider) but we already feel like going faster, and it also keeps us from being sleepy. 

The only one stop that we’ll do during the day, apart from fulling the gas tank, will be to buy a big bread and some home made sausages. Anything that can be different from food cans is welcome, and we devour it very fast but still enjoy its savor. By eating industrial bread all the time, the taste of some good old bread feels really good. Beside that the miles go by and the roads seem to be drawn to join the horizon. The amost similar landscapes only change when the light changes. The road is scattered with long or short haired lamas crossing it, but also some strange raptors looking like punk eagles. 

Slowly, the sun disappears, but the car still goes on. 

We ‘ll drive a few more hours in the dark night, but it’s not enough to reach the goal we had planned in our schedule. 

We still are 250 km short, but it’s already late and we prefer saving ourselves for what’s coming next by sleeping at least six hours. 

The road is sometimes crossed by pathes and we use one of them to go far from the noise and from the road. 

We stop on the side of the road and notice a big number of burrows, small and big, and some tracks that our trailfinder’s skills allow us to identidy as being non human. 

We go to sleep, the night is cold, but thank to our gear, it’s very bearable. 

The sun will rise at 7:30 am tomorrow, the alarm is set on 6 o’clock, time at which there should be anough light to start driving. We are wrapped in our sleeping bags and I think I recognize the sound of several rabbits, happy, I fall asleep. On the othe hand, Benjamin dreams of serial killers crushing us  with a mallet all at once, tent and sleeping bags included. 

He finally falls asleep and we spend a good night on the delicate sand ground.

Aug 27 '10

Frias (Argentina) : Our current location !

Aug 26 '10

Salta Argentina DAY 54

La journée commence par une longue série d’appels. Tous les réparateurs de la ville y passent, puis ceux qui sont un peu plus loin, enfin, même ceux qui sont à plus de 1000 km de Salta. Partout, il faut répéter deux ou trois fois le nom « Subaru », ce qui n’est jamais bon signe. Puis on nous demande de rappeler dans une heure pour enfin nous donner la même réponse : « pas avant 3 ou 4 jours » et pour la modique somme de 800 $ US ! Certains peuvent le faire en deux jours mais sans véritable garantie. De notre longue liste de réparateurs, il n’en reste qu’un qui doit vérifier ses stocks, mais il semble confiant sur la disponibilité de la pièce. Nous attendons son coup de fil, angoissés mais profondément persuadés que notre chance ne peut pas nous abandonner comme ça… On finit par le rappeler.

Non. Il s’est trompé, il n’a pas le pare-brise…

On ne sait plus quel scénario envisager. Il nous reste encore 4000 km à parcourir en six jours pour atteindre Ushuaïa… et comble de malchance, nous avions réservé nos billets d’avion Ushuaïa -Buenos Aires à peine quelques heures avant l’accident.

Chaque heure de retard que nous prenons peut avoir des conséquences terribles sur nos chances d’arriver à temps à notre destination finale.

Attendre deux jours pour faire installer le pare-brise ? Ca nous ferait rouler 1000 km par jour pour rattraper le temps perdu. C’est faisable, mais on sait qu’on arrivera dans un sale état. Et tout ça, c’est sans compter le temps de pose du pare-brise qui nous fera entamer le troisième jour, de plus, nous n’avons plus les 800 dollars.

Un peu perdus, nous commençons à envisager une autre solution.

Nous allons devoir réparer nous-même le problème.

Le pare-brise est fêlé de toutes parts, principalement du côté du conducteur où il y a même un trou gros comme le bout du doigt et où l’air s’engouffre violemment.

Afin de chercher plus d’inspiration, nous allons dans un grand magasin de bricolage proche de l’hôtel. Là, on imagine des dizaines de méthodes pour nous sortir de cette situation.

- Enlever complètement le pare-brise  et le remplacer par une plaque de plexiglas maintenue par des câbles attachés en croix. Il y a un gros travail d’adaptation pour une transparence médiocre et une étanchéité quasi-nulle. Or, nous descendons en Patagonie et en plein hiver.

- Faire un coffrage en bois pour y insérer une plaque de verre. Là, c’est vraiment n’importe quoi, pourquoi pas du double vitrage ! On étudie quand même la faisabilité.

Rayon après rayon, nous nous creusons la tête pour trouver le meilleur compromis solidité, rapidité et prix…

Et on finit par le trouver !

Le gaffer ! Nous achetons un rouleau de gaffer noir, un autre rouleau de gros scotch transparent, du lave vitre et des lunettes de protection (au cas où le pare-brise lâcherait). Nous voilà équipés et prêts à en découdre avec le pare-brise.

Nous commençons par décaper le champ opératoire à grands coups de lave vitre. Puis, nous estimons la taille minimale nécessaire au champ de vision, notre idée consiste à couvrir tout le reste avec du gaffer. On scotche, on s’applique, et une heure plus tard, le pare-brise est scotché recto verso. Deux larges bandes noires en haut et en bas recouvrent les parties émiettées, le scotch transparent assure la transition puis une étroite bande de 30 cm de haut et divisé en deux dans la largeur nous assure assez de visibilité pour rouler. Entre le capot redressé à grands coups de marteau et le pare-brise rafistolé, la voiture à un look à la Mad Max et on sent bien que sa côte à la revente ne va pas voler très haut ! Pas grave, au moins nous sommes prêts à partir et la réparation ne nous a coûté que 15 €. Un groupe d’Argentins vient poser à côté de nous pour quelques photos, et ils nous encouragent pour la suite de notre aventure.

Allez en route ! Nous quittons Salta au ralenti. Le pare-brise craque, nous épions chaque bruit et nous mesurons chaque craquelure pour vérifier si elle s’étend ou non.

Nous décidons de rouler au maximum à 90 km/h, ce qui nous semble une vitesse limite en raison de la faible résistance du pare-brise. On se croirait dans le film « Le salaire de la peur ». Chaque bosse sur la route nous fait frémir, et l’idée que le pare-brise puisse nous exploser à la figure nous terrorise. Les routes sont larges et désertes et nous nous traînons lamentablement.

Nous conduisons deux heures épuisantes dans le silence total, concentrés sur les réactions de notre installation… À la pause déjeuner nous faisons les comptes… Cet incident nous a retardés, et nous avons accumulé un retard de 800 km sur une journée et demie. Demain nous avons prévu une étape de 1200 km.

Nous ne pouvons donc commencer cette journée avec trop de retard ou nous n’arriverons jamais à tout rattraper. Nous devons reprendre la route au plus vite. Nous changeons de conducteur toutes les heures afin d’optimiser la conduite et nous roulons sans relâche. Pendant dix heures, nous ne nous autorisons aucune pause, aucun répit, nous faisons nos changements de pilote en courant.

Enfin, en pleine nuit glaciale, affamés et épuisé, nous plantons notre tente sur le bord d’une voie ferrée. Nous avons rattrapé tout notre retard.

The day starts with a long series of calls. We go through all the repair shops of the city, then the ones that are further, and finally, even the ones that are a thousand kilometers away from Salta. Everywhere, we need to repeat two or three times the name “Subaru” which is never a good sign. Then we get asked to call back an hour later to finally get the same answer : “Not before three or four days” and for the modest price of US$800 ! Some of them can do it in two days but with no real guarantees. Of our long repair shops list, there’s only one left who needs to verify his stocks but he seems confident on the availability of the part. We’re waiting for his phone call, stressed but deeply convinced that our luck cannot let us down like that… We end up calling back.
No, He was wrong, he doesn’t have the windshield…
We don’t know what to do anymore. we still have 4000 km to go in six days to reach Ushuaia… and to crown it all, we already booked our plane ticket Ushuaia-Buenos Aires just a few hours before the accident.
Each hour we’re late can have terrible consequences on our chances to arrive on time to our final destination.
Wait two days to have the windshield fixed ? We’ll need to drive 1000 km by day to gain back the time lost. It’s feasible but we know that we’ll get there in a bad shape. And all that is without counting the time for the windshield to be put on which will eat into our third day, above all, we don’t have the $800.
A bit lost, we start to consider another solution.
We’re gonna have to repair the problem ourselves.
The windshield is shattered all over, mainly on the driver’s side where there is even a hole large enough to put one’s finger in it and where the wind sweeps very strongly.
In order to find more inspiration, we’re going in a big home improvement store near the hotel. There, we think of dozens of methods to get get us out of this situation.
- Totally removing and replacing the windshield with a plate of Plexiglas hold with cables cross-shaped holding it. There is a big job to fit it there for a very bad transparency and a with an almost non existing waterproofing. But, we’re going down to Patagonia and it’s the winter.
- Do a wooden casing to insert a plate of glass in it. That’s really nonsense, why not do some double glazing ! We still study the feasibility.
Sections after sections we rack our brain to find the best compromise between solidity, speed and price…
And we end up finding it !
Gaffer tape ! We buy a roll of black gaffer tape and another one of big clear Scotch tape, some spray to wash the windows and some safety goggles (in case the windshield collapses).Here we are, finally equipped and ready to fight with the windshield. We start by cleaning off the operating field with a lot of window cleaning product. Then, we estimate the minimum size necessary for the field of vision, our idea consisting in covering all what’s left with gaffer’s tape. We Scotch-tape, we take great care in the process, and one hour later, the windshield is Scotched-tape on both sides. Two large black stripes on the top and at the bottom cover the crumbled parts, the translucent Scotch-tape is used as a transition between the black tape and the windshield, and then a narrow stripe of 30 cm height and divided in half in its width give us enough viewing angle  to drive. Between the hood straighten up with a hammer and the patched-up windshield, the car has Mad Max look and we know now that her resale price won’t be very high ! Not important though, at least we’re ready to go and the fixing only cost 15 €. A group of Argentinian people come stand with us for a photo group and they cheer us for the rest of our adventure.
Let’s go ! We leave Salta at half speed. The windshield cracks, we listen out for each sound it makes and measure each crack to see if it’s getting worse or not.
We decide to drive at 90 km/h max, which seems to be a reasonable speed limit considering the weakness of the windshield. We feel like in the movie “The Wages of Fear”. Each bump on the road makes us quiver and the idea of the windshield exploding at our face terrifies us. The roads are broad and empty and we’re dragging ourselves miserably.
We drive for two exhausting hours in total silence, focused on the reactions of our installation… During the lunch break, we’re counting up… This incident delayed us and we have accumulated a delay of 800 km over one day and a half. tomorrow, we have planned a 1200 km stage.
We can’t then, start this day with too much delay otherwise we’ll never be able to catch it up. We need to get on the road as fast as possible. We change drivers every one hour in order to optimize the driving and we drive relentlessly. For ten hours, we don’t allow ourselves to take any breaks, no grace, we run when changing seats.
Finally, in the frozen night, starved and exhausted, we put up the tent nearby a railroad. We have catch up all our delay.

Aug 25 '10

Argentina Day # 53

Finalement nous n’avons pas si bien dormi que ça. Les lits étaient trop durs ou trop mous ou trop vieux, et pour Benjamin, définitivement trop petits. Nous nous levons sans regret pour découvrir la plus petite douche du monde dans laquelle nous faisons disparaître les couches de sables successives accumulées sur notre peau. Une fois les ablutions terminées, il est temps de reprendre notre rituel de lessive et de courses diverses. Le plus urgent est encore une fois le sac de linge sale, qui a repris des dimensions plus qu’effarantes. On retrouve une laverie croisée la veille, qui promet de nous le laver pour le jour même, dix-huit heures. Il est onze heures du matin et même si on reconnaît nous-même qu’il y a du boulot, faut pas exagérer. Mais en fait, en Argentine, il faut compter avec la sieste qui préserve de la chaleur bon nombre d’Argentins aux heures chaudes de la journée. Bon, et ben puisqu’on est bloqué à Salta pour une bonne partie de la journée, autant en profiter pour faire ce qu’on repousse depuis un long moment. On commence donc par faire quelques courses dans un petit supermarché, et ça nous fait tout bizarre de compter le nombre de repas qu’il nous reste avant d’arriver à destination. Cinq jours. Dans cinq jours, si tout se passe bien, nous serons à Ushuaïa, nous serons arrivés. Collée au supermarché, une petite pizzeria nous tend les bras. On a faim et envie d’une pizza depuis quelques jours, alors on s’y précipite, et on y court deux fois plus vite quand on voit que la WiFi y est gratuite. Mais c’est sans compter qu’en Amérique du sud, le fromage, c’est pas trop ça. Après avoir fini d’avaler nos plaques de pain recouvertes d’une couche de plastique fondu, on passe un long moment sur internet, pour, entre autres choses, boucler nos billets d’avion Ushuaia/ Buenos Aires pour la date du premier septembre. Ça va rentrer dans les délais, tout juste, mais jusque-là on est plus en avance qu’en retard. Le ventre lourd, nous partons à la recherche d’un petit garage pour faire une vidange à la voiture, on le trouve en quelques minutes. On veut mettre toutes les chances de notre côté pour la suite et fin du périple. Ici, Subaru n’est pas une marque très répandue, mais les pièces que l’on recherche sont assez courantes, même s’il faut que le garagiste s’absente un moment pour aller les chercher. Petite parenthèse, on découvre comment il faut consommer la coca. On avait sûrement la bonne technique, c’est sur la quantité qu’on s’est planté. Là où on coinçait non sans mal une discrète quantité de feuilles entre nos gencives, eux en prennent suffisamment pour donner l’impression de couver des œufs de poules dans leur bouche. Fin de la parenthèse. On profite donc de l’absence du garagiste pour aller dans un centre commercial réserve au bricolage, à deux cents mètres du garage. Nous recherchons activement un coussin pour le siège conducteur, qui est tout défoncé et qui use fortement nos postérieurs. Quand nous revenons avec notre coussin, la voiture est prête, mais il est encore trop tôt pour aller chercher notre linge. Nous décidons alors de changer les bougies du moteur. Les vieilles fonctionnent parfaitement, mais on a très envie de mettre les mains sous le capot. Mais une Subaru, ce n’est pas comme une 4L. Autant on connaissait presque par cœur le moteur de tondeuse de cette dernière, autant là… Après une demi-heure de bidouillage, il faut l’avouer, on a fait plus de mal que de bien, le moteur fonctionnant désormais aux trois-quarts de sa puissance. La voiture, désormais atteinte d’un sévère parkinsonisme, nous emmène toute tremblotante jusqu’au garage suivant, heureusement pas très loin. Ils vont chercher un technicien, qui arrive en peu de temps. C’est un petit bonhomme, certainement beaucoup moins âgé qu’il n’en a l’air, les dents rongées par la coca, et qui dégage une odeur d’alcool qu’on n’obtient qu’après de longues années de macération. “Alors, qu’est ce que vous pensez de ce pays de merde ? nous lance-t-il en guise de bonjour. On discute un peu avec lui, pendant qu’il tente d’identifier le problème du moteur. Apparemment, ça vient de la seule bougie à laquelle on a touché. On joue les surpris pendant qu’il arrange le tout en quelques minutes. Le tour est joué, la voiture retrouve son bruit et sa puissance habituelle, et il est l’heure de retourner chercher notre linge. On est un peu frustrés de se sentir aussi faibles en mécanique, et on perd un peu de notre assurance. On retrouve notre linge soigneusement lavé et plié, et on tente de le ranger avec le plus de soin possible dans nos backpacks. C’est peut-être notre dernière lessive du voyage, alors on en prend soin. Le plein est fait, la voiture est rangée, le linge est propre, nous aussi, alors plein gaz. On tourne un peu dans Salta pour trouver la direction de Tucuman, et après quelques hésitations et beaucoup de prises de renseignements, on se retrouve sur l’autoroute. On se lance à pleine vitesse. Un grand bruit, un choc, le pare-brise devient opaque en une fraction de seconde. Désorientés, on oblique vers la bande d’arrêt d’urgence, tous freins hurlants. À la vitesse ou on roulait, le vent violent s’est engouffré sous le capot mal refermé et l’a plaqué d’un coup sur le pare-brise. Mais ce n’est pas tout, le pare-brise, sous le choc, s’est fissuré en centaines de morceaux, et semble prêt a s’effondrer à chaque seconde. Nous réalisons l’effet qu’a cette maladresse sur le reste du voyage, et je passe de longues minutes à hurler ma colère dans le vent. Benjamin, plus lucide, constate les dégâts avec plus de précision et cherche à redresser le capot. Le choc a été vraiment violent. La lourde plaque de tôle est parfaitement moulée à l’arrondi du pare-brise, la courbure inverse de son état d’origine. À grand coup de marteau, il lui redonne une forme suffisante pour pouvoir le fermer. Je l’aide un peu, surtout parce que j’ai besoin d’évacuer ma rage. Le capot bien fermé, et moi un peu calmé, on fait demi-tour à microvitesse, sur une petite route qui borde l’autoroute et qu’on a réussi à rejoindre. On croise un garage, qui nous en indique un autre, bien plus loin, qui change les pare-brise. Mais il ne nous apprend rien quant à la difficulté qu’on va avoir à trouver un pare-brise pour notre voiture, surtout dans nos délais. On a rapidement calculé que même avec toute la volonté du monde, si l’on prend plus de deux jours de retard, il sera impossible d’atteindre Ushuaia dans les temps. C’est avec ces sombres pensées qu’on trouve enfin le garage annoncé. C’est un grand bâtiment, spécialisé dans la pose de pare-brise, dirigé par une femme et sa fille. Les murs sont remplis de pare-brise de toutes sortes et de toutes marques, et on reprend espoir que toute cette affaire puisse se régler dans la soirée. La garagiste, qui reconnaît la voiture, part vérifier dans ses stocks. On croise tous nos doigts, mais le verdict qui tombe est sans appel. Pas de pare-brise disponible, et il faut au moins deux jours pour le faire venir du distributeur, à Buenos Aires. On retente la même opération dans un autre garage, un peu plus loin, qui nous répond la même chose. On a besoin d’un camp de base, pour réfléchir, agir, prévoir. On retourne au même hôtel, mais pas au même restaurant, le cœur pas vraiment à la dégustation. On se donne une heure dans un cyber café, pour récupérer les adresses et les numéros de téléphones de tous les garagistes de Salta, de Tucuman, et même de Cordoba, à plus de mille kilomètres d’ici. On les appellera demain à la première heure, car il est onze heures du soir et ils sont tous fermés. On mange rapidement à l’hôtel, en tapant dans nos provisions. Nous qui ne voulions pas quitter Salta, on va se coucher en se demandant si ce n’est pas ici que le voyage s’arrêtera. Et c’est dans les mêmes lits trop quelque chose, qu’on s’apprête à passer une autre mauvaise nuit.

Q.

In the end, we haven’t slept that well. The beds were too hard or too soft or too old and, for Benjamin, definitely too small. We get up without any regrets to discover the smallest shower in the world in which we get rid of the successive sand layers collected on our skin. Once the ablutions over, it’s time to do our same old routine of laundry and various shopping. The most important, once more, is the bag of dirty laundry, which has become alarmingly big. We find a launderette we saw the day before where they promise they’re going to wash it for today, 6pm. It’s 11am and even if we agree that there is a lot of work to do, let’s keep a sense of proportion. But actually, in Argentina, you need to count in the nap time, which keeps the Argentinians away from the heat during the hot times of the day. Well, since we’re stuck in Salta for a big part of the day, let’s take this opportunity to do what we’ve been putting back for a while now. We start then to do some shopping in a small supermarket, and it’s very weird to count the numbers of meals we have left before arriving to our destination. Five days. In five days, if everything goes as planned, we will be in Ushuaia. Stuck to the supermarket, a little pizzeria greets us with open arms. We’re hungry and want a pizza since a few days now, so we rush in, and we run twice as fast  when we see that the WiFi is free. But unfortunately, in Argentina, cheese isn’t all that good. After finishing to swallow our plate of bread covered with a layer of melted plastic , we spend a long time on the Internet, to, among other things, get our plane tickets between Ushuaia and Buenos Aires for the first of September. We should make it on time, barely, but until now, we’ve been more ahead than late. The stomach heavy, we go to look for a car repair shop to change the oil of the car, we find it in a few minutes. We want to put all the chances on our side for the rest of the journey. Here, Subaru isn’t a very spread brand but the parts we’re looking for are pretty common, even if the mechanic needs to leave for while in order to go get them. By the way, we discover how we need to chew the coca. We probably used the right technique but we mess up on the quantity. Where we stuck, not without difficulty, a small quantity of leaves between our gum, they use enough so it looks like they’re brooding some hen’s eggs in their mouth. We take the opportunity, then, to go into a mall center dedicated to home improvement, two hundred meters from the car shop. We’re actively looking for a cushion for the driver’s seat, which is all rutted and is wearing out our posteriors. When we come back with the cushion the car is ready, but it’s still too early to go and get our laundry. We decide then to change the spark plugs. The old ones work perfectly but we really want to put our hands in the engine. But a Subaru isn’t like a Renault 4L. We knew the lawn mowers engine almost by heart, but here… After half an hour o fiddling, we must confess that we did more harm than good, the engine working now only three quarter of its full power. The car, now suffering from Parkinson disease, bring us all shivery to the next car repair shop, thankfully not too far. They go to bring back a technician, who arrives pretty fast. He’s a small fellow, surely much younger than he appears to be, the teeth eroded by the coca, and smelling of alcohol that you only get after long years of soaking. “So, what do you think about this shitty country ?” he says by way of saying hello. We chat a little bit with him while he tries to identify the problem with the engine. Apparently, it comes from the only spark plug we touched, we act surprised as he puts everything in order in a few minutes. And voila, the car gets back its typical sound and its usual power, and now it’s time to go get our laundry. We’re a bit disappointed to feel so weak in mechanic and we lose some our self-confidence. We find our laundry carefully washed and folded and we try to put it very carefully in our backpacks. It’s maybe the last laundry of the journey so we take care of it. The car is gassed up and tidy, the linen is clean, so are we so we hit the road. We turn a bit around in Salta to find the direction of Tucuman, and after some hesitancy and a lot of information gathering, we find ourselves on the highway. We launch the car at high speed. A big sound, an impact, the windshield becomes opaque in a split of a second. Disoriented, we skew on the hard shoulder, the breaks screeching. At the speed we were going, the very strong wind went under the badly shut hood and pinned the hood on the windshield. But that’s not all, the windshield, under the impact, cracked in hundreds of pieces and seems ready to collapse any seconds now. We realize the effect that this clumsiness has on the rest of the trip and I spent some long time throwing a tantrum in the wind. Benjamin, more lucid, notes the damages with more precision and tries to straighten the hood. The impact has been really violent. The heavy metal plate is perfectly molded to the curves of the windshield, the opposite curb of its initial state. With big hammer blows , he gave it back a shape enough to get it shut. I help him a little, mostly because I need to get rid of my anger. The hood well closed and me a bit calmer, we go back at a very slow speed, on a small road following the highway and that we managed to access. We pass by a car repair shop, where they point out another one, much further, where they change windshields. But he tells us nothing concerning the difficulty we’re going to have to find another one for our car, especially in our time line. We quickly calculated that even with the best will in the world, if we take us two extra days, it will be impossible to reach Ushuaia in time. It’s with those dark thoughts that we finally find the car repair shop. It’s a big building, specialized in putting in windshield, managed by a woman and her daughter. the walls are full of windshields of all kinds and we gain hope again that all of this might be solved in the evening. The mechanic, who knows the car, go and takes a look in her stocks. We all cross our fingers but the judgment is without appeal. No windshield available and they need at least two days to have it send here from the retailer, in Buenos Aires. We try again in another car repair shop, a bit further, where they tell us the same thing. We need a base camp, to think, act, anticipate. We go back to the same hotel but not to the same restaurant, not very feeling like savoring. We give ourselves one hour in a Internet cafe, to get back the addresses and phone numbers of all the car repair shops in Salta, Tucuman and even Cordoba, more than one thousand kilometers from here. We’ll call them first thing in the morning, because it’s 11pm and they’re all closed. We eat quickly at the hotel, eating fro or supply. We didn’t want to leave Salta and now we go to bed wondering if this where the journey will end. And it is in the same “too much something” beds that we’re getting ready to spend one another bad

Aug 24 '10

No Man’s Land / Argentina Day # 52

J’ouvre les yeux, et la première chose que je vois… c’est rien. Je suis aveugle ! Non, mon super-bonnet en laine polaire est descendu au niveau des yeux. Nous avons survécu à cette nuit la plus froide que nous ayons eue jusqu’à présent. Emmitouflé dans son duvet, tout habillé et la tête enrubannée dans une capuche et son bonnet, Quentin ne tarde pas à se réveiller non plus. Nos bonnets nous ont donné de chouettes coupes de cheveux, tout ébouriffés avec des épis de dix centimètres. Ayant passé la nuit à quelques kilomètres de la douane, nous sommes parmi les premiers à nous attaquer aux formalités. Notre expérience des douanes nous permet de bien nous répartir les tâches et nous savons exactement à quel moment l’un ou l’autre doit se présenter et avec quel papier. Nous passons la première partie, la douane chilienne, en dix minutes. L’autre partie, la douane Argentine se trouve à une centaine de kilomètres de là, de l’autre côté de la cordillère des Andes. C’est parti pour les hauts sommets ! Nous prenons la route, seuls au monde dans ce paysage extraterrestre. Les montagnes sont rouges, on voit encore la lune. Nous nous arrêtons pour saluer quelques lamas en train de brouter quelques touffes d’herbes coriaces. La voiture commence à vraiment manquer de reprise. Nous passons les 3500 m d’altitude. On commence à avoir de légers effets dus à l’altitude… (ou à la faim et au manque de sommeil, on ne sait pas trop :) Nous continuons notre ascension et passons la barre des 4570m une demi-heure plus tard… Et là pas de doute, ce sont les effets de l’altitude que nous ressentons. Des lacs gelés aux couleurs improbables apparaissent. On s’arrête pour faire quelques photos et tester la solidité de la glace. Parcourir en marchant les 300 m de la voiture au lac nous essouffle comme si nous les avions courus. Quentin monte sur la glace, et m’annonce d’un air connaisseur… “C’est bon, le lac est entièrement glacé. Pas de soucis” A ce moment, on entend un grand crac et le lac tout autour de lui se fissure. Il a juste le temps d’attraper mon bras pour sauter avant que la glace ne craque complètement. On retourne à la voiture. Nous passons la douane en Argentine. Petites maisonnettes isolées en pleine montagne toujours à plus de 4000 m d’altitude. Les formalités sont simples, nous connaissons la routine. Un problème d’imprimante nous retiendra une grosse demi-heure, à regarder le dounanier se débattre avec sa souris et les connectiques. Epuisé et confus, il finit par nous remplir un papier à la main. Nous sommes en Argentine ! Dernier pays de notre périple, mais aussi un des plus grands à traverser ! Il fait chaud, et on se dit qu’à cette altitude, on doit pouvoir bronzer en un rien de temps ! Tout ce qui peut nous faire égaliser notre bronzage de camionneur est une option que nous devons prendre ! Nous découvrons un immense lac salé. Parfait. On roule sur la croûte de sel et on s’arrête en plein milieu. Le sol crisse sous nos pieds et on a un peu l’impression de s’allonger sur du papier de verre. En tout cas, avec tout ce blanc, on va cramer en deux minutes, c’est parfait ! Tant qu’on y est, on se met à poil, histoire de faire aussi disparaître la marque du maillot. L’altitude aidant, on s’endort au soleil, en plein désert, seul au monde. Un bruit de moteur nous réveille en sursaut. Pas si loin de nous, un bulldozer fonce dans notre direction. Il doit bosser pour la mine de sel qu’on aperçoit au loin. On s’habille en une fraction de seconde et on reprend la voiture l’air de rien. Au moment où on passe devant la mine, on découvre un site plein de touristes avec des longues vues pour voir le désert au loin…. On n’était peut-être pas si seuls finalement ! On croise de nouveau pas mal de lamas seuls animaux qu’on trouve à cette altitude. Leurs petites pattes galopent sur la terre glacée et leur long cou passe élégamment au-dessus des grandes herbes sèches. C’est magnifique de voir ces animaux en liberté, dans ce calme absolu. Nous voyons un nouveau lac d’où s’échappe de la fumée. Probablement des sources chaudes. Je me gare, descends le talus et parcours la centaine de mètre pour faire les photos. Cherchant à faire de belles images, je ne ménage pas mes efforts et m’allonge, m’accroupis dans tous les sens pour faire les photos. Le retour à la voiture me donna l’impression de faire l’ascension de l’Everest. Les tempes battantes, la langue gonflée et les jambes en compote, je m’écroule dans la voiture. C’est bon, j’ai ma dose d’altitude, il faut qu’on descende maintenant ! Seulement, la route ne descend pas. On roule pendant une heure, abrutis par la chaleur et le manque d’oxygène. Le ciel est le plus pur que nous ayons jamais vu, les montagnes d’un rouge flamboyant. On a envie de dormir. Mais il ne faut pas, il n’y a pas d’endroit pour s’arrêter et c’est clairement l’altitude qui nous épuise. On roule en zigzagant de fatigue jusqu’à atteindre enfin la descente ! De virages en virages nous descendons à toute blinde. Les bouteilles craquent sous le changement de pression et nos oreilles sifflent. En 30 minutes nous revoilà à la hauteur bien plus respirable de 1500 m. Là, tout a changé. On respire bien mieux certes, mais il fait froid et humide, on ne voit plus le ciel bleu caché par d’épais nuages gris et la terre est grasse et détrempée. Les lamas ont été remplacés par de grosses vaches et de grands chevaux à longue crinière. Étrangement, cette lumière d’hiver, ces champs et petits villages nous rappellent l’Europe. On a l’impression que le dépaysement est fini. Pourtant on se sent bien ici aussi, et cette ambiance campagnarde réveille en moi des envies de m’installer à la campagne, de chevaucher toute la journée avec mon cheval et mon chien, d’aller couper du bois le soir… Quentin me sort de ma rêverie pour m’indiquer une route à prendre, d’après lui beaucoup plus courte que l’autoroute. On s’élance à travers la campagne, seuls…. Tout à coup, la route change. Elle longe la montagne, passe dans la forêt, et borde les falaises… et surtout, elle ne fait que 3m50 de large, pour une double voie ! On dirait une autoroute pour Lilliputiens. Même en faisant un maximum d’effort pour rester sur notre file, on mord largement sur la file d’en face. Heureusement, il n’y a pas beaucoup de voitures. Mais à chaque fois que nous en croisons une, c’est uniquement grâce à la chance que nous ne nous rentrons pas dedans ou finissons dans le ravin. Cette route fait 60 km… on croit que chaque virage sera notre dernier, et pourtant on ne peut s’empêcher d’être subjugués par la beauté de la nature. On perd un peu de l’avance que nous avions, mais cette route était vraiment magnifique. Nous arrivons à Salta, première étape de notre traversée de l’Argentine. On se trouve un hôtel, et ne résistant pas une seconde de plus, on se dirige vers un authentique restaurant Argentin. Là, pour célébrer notre belle avancée, nous nous autorisons un délicieux repas. Viande et vin rouge tous les deux. Le morceau de viande est posé simplement sur une assiette blanche, pas d’accompagnements. Seuls ceux qui ont mangé de la viande rouge d’Argentine sauront de quoi nous parlons. Je retrouve l’incroyable saveur de cette viande dont je m’étais gavé lors de mes précédents voyages. Le vin est délicieux également, et quand on voit la note arriver, on se dit qu’on devrait peut-être élire domicile à Salta. 25 euros pour deux énormes morceaux de bife de Lomo, une bouteille de vin et deux crêpes au dulce de lecce… Une chose est sûre, on va bien dormir ce soir :)

B.

I open my eyes and the first thing I see is… nothing. I am blind ! No, it’s just my super fleece bonnet which go down on my eyes. We have survived through the coldest we ever got through until now. Bundle up in his sleeping bag, all dressed up and the wrapped in a hood and a bonnet, it’s not long ‘til Quentin wakes up. Our bonnets gave us some nice hair styles, all dishevelled with 10 centimeters cow-licks. Having spent the night a few kilometers from the customs, we are among the first ones to be there. Our customs background helps us share the tasks out and we know exactly who should when and where with which form to hand. We go through the first side, the Chilean customs in ten minutes. The other side, the Argentinian customs are a hundred kilometers away from here, on the other side of the cordillera of the Andes. Here we go fo the high summits ! We take the road, lonely in the whole world in this extraterrestrial landscape. The mountains are red, we still see the moon. We stop to say hi to some lamas nibbling on some tuft of tough grass. The car really starts to lack acceleration. We get through 3500 meters of altitude. We start to feel the light effects of heights… (or maybe due do to hunger or the lack of sleep, we don’t really know ;). We go on climbing and go through the 4570 meters half an hour later… And now, there are no doubts, we’re really feeling the effects of altitude. Some frozen lakes with unlikely colors appear. We stop to take some pictures and to test the strength of the ice. Covering the 300 meters gap between the lake and the car walking get us as much out of breath as if we had run the distance. Quentin gets on the ice and tells me with an expert manner… “It’s good, the lake is totally frozen, no worries.”Right at this moment we hear a big cracking sound and the lake all around him starts to crack. He just has the time to grab my arm to jump before the ice totally breaks. We go back to the car. We go through the Argentinian customs. Small remote houses in the mountain still at more than 4000 meters of altitude. Formalities are simple, we know the song. A printer issue will hold us half an hour and looking at the customs officer fighting with his mouse and the connections. Tired and embarrassed he ends up filling the form by hand. We are in Argentina ! Last country of our journey, but also one of the biggest to go through ! It’s hot and we think that at this altitude, we should be able to tan very quickly ! Everything that can even our truck driver tan is an option that we’re willing to take ! We discover a huge salt lake. Perfect. We drive on the salt crust and stop right in the middle of it. The ground crunches under our feet and we feel a bit like laying down on sand paper. Anyway, with all this white, we2ll burn in two minutes, it’s perfect ! As long as we’re here, we get naked to get rid of our tan lines. The height helping, we fall asleep in the sun, in the middle of the desert, alone in the world. An engine sound wakes us up suddenly. Not far from us, a bulldozer get a move on us. He must be working for the salt mine we can see in the distance. We get dressed in a fraction of a second and we get to the car like nothing happened. When we drive by the mine we discover a site full of tourists with spyglasses to the far in the desert… We weren’t that lonely after all ! We pass by a lot of lamas again, only animals we see at this altitude. Their small legs gallop on the icy ground and their long neck also go elegantly above the high dry grasses. It’s beautiful to see those animals free, in this absolute silence. We see another lake from where smoke escapes. Probably some hot headwaters. I park the car, get down the bank and travel the hundred meters gap to take some photos. Trying to take some nice pictures, I spare no efforts and lay down, squat down in all the way possible to take the photos. Going back to the car made me feel like climbing up mount Everest. The temples beating, the tongue swollen and the legs stuffed, I collapse in the car. That’s it, I’ve had enough of the altitude, we need to go down now ! Only, the road doesn’t go down. We drive for an hour, exhausted by the lack of oxygen. The sky is more pure than we ever saw, the mountains of a flaming red. We want to sleep. We shouldn’t though, there is no place to stop and it’s clearly the altitude that wear us down. We drive zigzagging tired until we finally reach the descent ! From turns to turn we climb down full speed. The bottles break with the change of pressure and our ears ring. In thirty minutes, here we are at the more bearable height of 1500 meters. Here, everything has changed. we breathe much better of course but it’s cold and humid, we don’t see the blue sky anymore, hidden by the thick grey clouds and the ground is sticky and saturated. The lamas have been replace by some big cows and tall horses with long manes. Oddly, this winter light, those fields and little villages remind us of Europe. We feel like the change of scenery is over. And yet we feel good here too and this country mood makes me want to live in the country, ride my horse all day long with my dog, and cut some woods for the night fire… Quentin gets me out of my dream to show me a road to take, according to him it’s much shorter than the high way. We ride through the country, alone. All of a sudden, the road changes. It follows the mountain, go through the forest and follows the cliffs… and above all, it’s only 3,50 meters wide, for a two way road ! It looks like a road for Lilliputians. Even by being very careful to stay on our side, we go widely over the other way. Fortunately, there aren’t many cars. But each time we cross one, it’s only thank to the good fortune if we don’t run into each other or fall down the gulch. This road is 60 kilometers long… We believe that each turn will be our last an yet, we can help but be captivated by the beauty of nature. We lose a bit of our lead but this road was really beautiful. We arrive to Salta, first stop of our crossing of Argentina. we find ourselves a hotel and not being able to hold ourselves one more second, we go to an authentic Argentinian restaurant. Here, to celebrate our good lead, we treat ourselves with a delicious meal. Meat and red wine for both of us. The piece of meat is simply put in a white plate, no garnish. Only those of you who ate Red Argentinian meat know what I’m talking about. I find again the incredible flavour of this meat I stuffed myself with during my former visits. The wine is delicious too and when we see the bill, we think that we could come and live in Salta. 25 euros for two huge pieces of “bife de Lomo”, a bottle of wine, two “dulce de lecce” crepes… One thing for sure, we’re going to sleep well tonight :)

Aug 23 '10

Chile Day # 51

La nuit est glaciale, et j’ai le sentiment d’avoir passé plus de temps à lutter contre le froid qu’à dormir. Ce n’est donc pas très en forme qu’on remonte dans notre voiture. Le paysage est encore bleu, de la couleur du petit matin, l’horizon est plat jusqu’à l’infini, la route est toujours aussi monotone, jusqu’à ce qu’un panneau nous annonce que nous sommes dans la mauvaise direction. La recherche de la station essence la veille nous a menés sur une route que l’on ne doit pas prendre. On commence la journée par un demi-tour, mais ce n’est pas très grave. En effet, nous avons bien roulé les jours précédents, et nous avons plusieurs centaines de kilomètres d’avance. Nous sommes censés arriver à Calama dans la soirée, dernière ville chilienne importante avant la frontière. Pourtant il est à peine midi quand on foule le bitume de cette ville qui n’existe que par la mine de cuivre toute proche. Ça se ressent, et on trouve que la ville manque un peu d’âme. On cherche d’abord à visiter la mine de cuivre elle-même, qui est une des plus grandes du monde. Mais la visite, qui se fait en car, est déjà overbookée. On demande si on peut les suivre en voiture, mais pour des raisons de sécurité c’est bien sûr impossible. La prochaine visite se faisant le lendemain, on renonce, un peu déçus. Bien décidés à profiter de notre avance, on s’arrête au centre-ville de Calama. On commence par entrer dans un genre de surplus militaire, qui fait aussi dans les bracelets gothiques, les katanas ninjas et les porte-clés Kitty. On achète deux cache-cols en laine polaire, qui peuvent aussi se transformer en somptueux bonnets. Un peu plus loin, je me trouve un K-way, juste pour pouvoir bloquer le vent cinglant de la nuit, et on s’achète aussi chacun une paire de gants en laine, à un vendeur de rue. On continue de se balader, mais comme on n’a pas particulièrement envie d’un corset violet, d’un collier clouté ou d’une bague tête de mort de trois kilos, on passe notre chemin. En revanche on s’achète beaucoup d’eau et un peu de pain. On reprend aussi deux avocats qu’on se promet de manger avant même de poser un pied à la douane. Le soleil commence à redescendre, alors, pour ne pas perdre toute notre avance, nous nous dirigeons vers San Pedro de Atacama, ville frontière avec l’Argentine. On y arrive au début de la nuit, et nous cherchons à dépenser nos derniers pesos dans une allée de petites boutiques qui proposent des produits locaux. On aurait bien envie de craquer pour des ponchos impossibles à porter ailleurs qu’ici, mais on n’a pas assez d’argent. Tout ce qu’on trouve dans nos prix, ce sont des bonbons à la coca… On les prend quand même, c’est toujours mieux que des billets inutilisables. La ville est pleine de backpackers, et de touristes en général. Ils viennent d’Argentine, principalement, d’Europe ou des Etats Unis. On lit dans notre guide que la ville s’est soudainement ouverte au tourisme en proposant treck et autres activités de montagne, et que commerces et hôtels ont poussé à une vitesse affolante. Les routes sont encore pour la plupart des chemins de sables, bordés par des auberges et des hôtels flambants. Pas mécontent de quitter cette ville au plus vite, on se dirige vers la douane. À peine arrivés, la douanière refuse de nous laisser passer. On comprend qu’il est trop tard, et qu’on va arriver devant les portes closes de la douane Argentine. La douane d’en face ferme dans deux heures, et il en faut trois pour y arriver. En effet il y a plus de cent kilomètres de routes montagneuses entre les deux postes de douanes. J’essaie avec toute ma diplomatie et mon peu de vocabulaire espagnol de lui faire comprendre que notre planning est très serré, et que quitte à dormir devant la douane Argentine, on aura gagné trois heures sur notre itinéraire du lendemain. Elle nous dit que c’est dangereux. Vu qu’il n’y aura ni circulation, ni personne pour vivre là-dedans, on ne voit pas trop ce qui peut nous arriver, à part se faire dévorer par une marmotte, mais on est prêts à prendre le risque. Elle est compréhensive, mais elle ne peut pas transgresser la loi. En revanche son chef peut faire une exception, alors elle nous demande si on veut le voir. Pas prêts d’en démordre, on accepte. Quand le chef arrive, j’ai l’impression de revoir le douanier tout mou de la frontière équatorienne. Il commence à débiter le texte de la loi qui nous empêche de passer, d’une petite voix, sans faire attention au fait qu’on ne comprend pas un mot de ce qu’il susurre. Il nous dit que la douane ne peut pas laisser passer des véhicules après 20 heures On regarde nos montres, 19 h 56. Alors là, pépère, d’après la loi, il nous reste quatre minutes pour passer. On se débat du mieux qu’on peut avec le douanier chef, qui semble ne pas comprendre. On lui fait regarder la pendule, il secoue la tête, et nous la fait regarder à son tour. Il est 20 h 57…Non, on n’a pas perdu une heure en tractation, c’est juste le décalage horaire. On vit suffisamment décalés pour ne pas s’être aperçus que le Chili n’est pas à la même heure que le Pérou, et ce depuis deux jours déjà. Battus par notre propre négligence, on abdique. On cherche un hôtel dans les environs, mais ils sont tous pleins ou hors de prix. Et dire qu’ici c’est la basse saison… On reprend la voiture pour sortir un peu de la ville, et on choisit avec soin une route déserte, pour y camper sur le bas coté. Nous sommes seuls au monde. Cachés de tous, on en profite pour faire une partie de pétanque avec de gros cailloux pas ronds. On perd un peu le cochonnet des yeux dans la nuit noire, et on agrémente notre langage du bon accent du sud. On croirait entendre les cigales, s’il ne faisait pas aussi proche du zéro.

Q.

The night is frosty and I feel like spending more time fighting against the cold than sleeping. So, it’s not in a good shape that we egt back in the car. The landscape is still blue, the color of the early morning, the horizon is endlessly flat, the road is still very monotone, until a road sign tells us we are going the wrong way. The search for the gas station from yesterday brought us on a road that we shouldn’t take. We start the day by a U-turn, but it’s not very important. Indeed, we have driven pretty well the days before and we are several kilometers ahead of plan. We are supposed to arrive to Calama in the evening, last main Chilean city before the border. Yet, it’s not even noon when we put feet on the asphalt of this city only existing because of the copper mine nearby. We can feel it and we even think the city is soulless. First, we trying to visit the copper mine itself, being of the biggest in the world. But the tour, which is done by bus is already overbooked. we ask if we can follow them with the car, but for safety reasons, it is of course impossible. The next tour being the next day, we give up a bit disappointed. Well decided to enjoy our lead, we stop in the city center of Calama. We start by entering a military surplus, which also sells Gothic wristlets, Katana ninja swords and Hello Kitty key rings. We buy two sumptuous fleece scarves which can also be used a bonnets. A bit further, I find myself a windbreaker, just to block the night’s biting wind, and we also buy each one a pair of gloves made of wool from a street vendor. We go on wandering, but since we’re not really interested in buying a purple corset, a nail necklace or even a 3 kilos skull ring, we’re on our way. On the other hand we buy a lot of water and little bit of bread. We also buy two avocados again which we promise ourselves to eat  before even setting foot at the customs. The sun starts to go down again, so, no to lose all of our lead, we head toward San Pedro de Atacama, border city with Argentina. We get there in the early night and we try to spend our last pesos in an alley full of little shops selling local products. We would have loved to buy those ponchos, impossible to wear anywhere else but here, but we don’t have enough money. All that we can afford are coca sweets… We buy them anyway, it’s still better than useless bills. The city is full of backpackers and tourists in general. They come from Argentina, mainly from Europe or the USA. We read in our guide book that the city has suddenly opened its doors to tourism by proposing treks and other mountain activities, and that stores and hotels have grown very fast. Most of the roads are still sand ways, bordered with inns and brand new hotels. Rather pleased to quickly leave this city we head to the customs. As soon as we get there, they refuse to let us through. We get that it’s too late and that we’re going to find closed doors at the Argentinian customs. The opposite customs close in two hours and we need three to get there. In fact, there are more than one hundred kilometers of mountain roads between the two customs offices. I try, with all my diplomacy skills and my few Spanish vocabulary to make her understand that our schedule is very tight and that, if we sleep in front of the Argentinian customs, we would have gained three hours on our itinerary from tomorrow. She tells us that it’s too dangerous. Since there will be no traffic, nobody leaving there, we don’t really see what might happen to us, except getting eaten by a groundhog, but we’re ready to take the chance. She’s understanding but she can’t break the law. On the other hand, her chief may take an exception so she asks us if we want to talk to him. We stick to it so we agree. When the chief gets here, I feel like seeing the slow customs officer from the Ecuadorian customs. He starts to reel off the law text preventing us from going through, with a small voice, without noticing that we don2t understand one single word of what he whispers. He tells us that the customs can not let any car go through after 8pm. We look at our watches : 7:56 pm. So now, easily, according to the law, we still have 4 minutes to go through. We debate as best as we can with the chief customs officer who seems not to understand. We show him the clock, he nods the head and shows it back to us. It’s 8:57 pm… No, we haven’t spent one hour negotiating, it’s just the time difference. We live staggered enough no to have noticed that Chile doesn’t share the same time than Peru, and for two days now. Beaten by our own negligence, we abdicate. We look for a hotel in the area, but there all full or out of price. And to think that we’re in the low season… We take the car back and get out of the city and we carefully choose a barren road, to camp on the side. We are all alone in the world. Hidden from all, we take the opportunity to play petanque with big uneven stones. We sometime lose the jack in the dark and we liven up our language with a French Southern accent. We can almost hear the cicadas if the temperature wasn’t so close from zero degree Celsius.

Aug 22 '10

Perou/Chili Day # 50

On se réveille congelés, mais en pleine forme. Aujourd’hui on s’attaque à la douane Pérou Chili. Nous avons décidé de ne pas passer par la Bolivie étant donné que des mouvements sociaux bloquent deux des axes principaux que nous voulons emprunter. Devant notre planning ultra-millimétré, nous ne pouvons pas nous permettre de prendre le moindre jour de retard. Nous passerons donc la frontière Peru/ Chili, puis après avoir roulé un peu vers le sud, nous quitterons la route panaméricaine pour bifurquer plein Est vers l’Argentine. Nous entrerons ainsi par le nord de ce pays et descendrons plein sud vers Ushuaia. Nous approchons de la douane toute neuve Peru/Chili. Ici, il y a 75 ans cette terre a été perdue par le Pérou contre le Chili, et il y a 15 ans, les habitants se sont révoltés et le Pérou l’a de nouveau récupérée à la grande fierté des habitants. La douane est donc décorée pour fêter ses 15 ans de retour aux sources. Une jeune fille vient nous poser des questions pour l’office du tourisme Péruvien. Il semblerait qu’on ne rentre pas trop dans les cases du touriste typique… Quand on fait le bilan, on n’a pas dormis dans un seul hôtel au Pérou, mangé dans deux restaurants en quelques jours, pas acheté de souvenirs (a parts le saxophone en plastique) et notre budget principal était l’essence puis… la bière. Bref, on rentrerait plutôt dans la catégorie routier… Comme on a été bien sage et qu’on a bien répondu à toutes ses questions, elle nous donne un petit souvenir Péruvien… fabriqué en Allemagne. On arrive désormais du côté Chilien de la douane. Là, de grands panneaux indiquent de déclarer tous les fruits et légumes que l’on pourrait transporter… On a bien des bananes, des pommes, quelques citrons et surtout deux magnifiques avocats qu’on se réserve avec appétit pour midi. On décide de tout planquer, sachant que ça ne doit pas être trop grave. On gare la voiture devant l’inspecteur et il nous explique gentiment, et avec intelligence pourquoi il faut déclarer tout ce qu’on a. Vache folle, OGM, etc.… le Chili en est dépourvu et peu du coup exporter facilement ses aliments. Il faut absolument contrôler chaque véhicule pour s’assurer que rien ne rentre au Chili. On se sent un peu coupables et de toute façon le mec jette un œil rapide dans la voiture. On lui dit qu’on a des pommes. Il nous dit qu’il les a vues. Bon… on lui parle des citrons… il les prend… on lui montre les bananes… il les prend aussi…. on murmure qu’on a deux avocats qu’il s’empresse de prendre également. Dépités, on lui montre aussi notre sac de feuille de Coca. Il nous dit que ça, on peut le garder. Pfff…. on se serait bien débarrassés de ces feuilles degeux contre nos délicieux avocats. On se fait tamponner nos passeports le cœur serré en voyant nos pauvres avocats dans la corbeille à détruire de la douane… C’est con, mais on avait vraiment envie de les manger nos avocats! Nous découvrons les hauts plateaux ainsi que toute la région minière. Il fait nuit, et nous roulons bon train, quand le voyant d’essence s’allume. Étant donné que le terrain est plat sur des centaines de kilomètres, on devrait voir au loin la moindre ville… Or, il n’y a rien. Quentin est au volant et nous roulons avec une extrême prudence pour consommer le minimum. Une ville est annoncée, et nous quittons la route principale pour la rejoindre. Après quelques kilomètres, nous arrivons enfin au centre-ville. On nous indique une station au bout de la rue principale. Sauvés ! Mais lorsqu’on arrive au niveau de la station, rien. Tout est fermé. On nous dit que le propriétaire est parti en vacances. Nous venons de faire un détour de plusieurs kilomètres pour rien…. La prochaine station est à 70 km. Aucune chance d’y arriver, la jauge est au plus bas. On décide de s’en rapprocher, en attendant le moment fatidique où le moteur cessera d’être alimenté et nous abandonnera à la nuit. On redouble d’effort pour économiser l’essence, chaque virage est négocié au plus juste, chaque trajectoire gardée au plus court. Quand après une heure de route sans respirer nous voyons le panneau de la station, nous remarquons à peine le début des toussotements de la voiture. Nous faisons le plein le plus cher de notre vie. 70 € ! Visiblement, ce pompiste sait qu’il a la station de la dernière chance ! On cherche vaguement un hôtel dans cette ville de mineurs, mais tout semble sale et vétuste, et on se dit qu’on sera mieux dans notre tente. On se gare sur le bas-côté de la route désertique, au loin la mine de cuivre tourne à plein régime. On se couche une nouvelle fois dans le froid. Ce coup-ci, pas de photos, pas de feu d’artifice. Il fait déjà -1 quand nous allons nous coucher dans nos duvets prévus pour une température minimale de 6°… Le froid est sévère, le vent agressif et la nuit ne va pas être facile.

B.

We wake up frozen, but in a great shape. Today we tackle the Peru/Chile border. We have decided not to go through Bolivia since some protest movements there, block two of the main axes that we want to use. Before our ultra-planned schedule, we can’t take the risk to be late at all. So we’ll go through the Peru/Chile border then, after driving a bit toward the South, we’ll leave the Pan-American road to fork East toward Argentina. We’ll then enter in the North of this country and will go full South  toward Ushuaia. We’re getting closer to the  all new customs of Peru/Chile. Here, 75 years ago, this land has been lost by Peru against Chile and, 15 years ago, the inhabitants rebelled and Peru got it back again, to the pride of its inhabitants. The customs has been then decorated to celebrate the 15th anniversary. A young girl comes and asks us some questions for the Peruvian tourist office. It seems that we don’t fit in the typically tourist box… When we sum up, we haven’t slept in one hotel in Peru, eaten in two restaurants in a few days, haven’t bought any souvenirs (except for the plastic made saxophones) and our main budget was for gas and then for… beers. Well, we’ll fit more in the truck driver’s category… Since we’ve been well-behaved and that we answered to all of her questions she gives us a little Peruvian souvenir… made in Germany. We arrive now on the Chilean side of the customs. There, some big boards indicate that we need to declare all the fruits and vegetables we might be transporting… Well, of course we got some bananas, apples, some lemons and most of all some beautiful avocados we’re planning to eat this afternoon. We decide to hide it all, knowing that it must not be too bad. We park the car right in front of the customs inspector and he tells us kindly and in a smart way why we must declare whatever we have. Mad Cows, GMOs, etc… Chile has none of them and then can easily export its foods. They absolutely need to check every cars to make sure that nothing gets into Chile. We feel a bit guilty and the guy has a quick glance at the car anyway. We tell him that we have apples. He tells us that he saw them. Well… We tell him about the lemons… he takes them… we show him the bananas, he takes them too… We whisper that we have two avocados which he quickly takes. World-weary, we also show him our bag of coca. He tells us that we can keep it. Pffff… We would have loved to get rid of those disgusting coca leaves for our delicious avocados. We get our passports stamped the heart broken, when we saw our sad avocados in the trash of the customs… That’s silly but we really wanted to eat them ! We discover the high plateaus as well as the all mining region. It’s night time and we’re driving at a good pace when the gas light starts to blink. Since the terrain is flat over hundreds of kilometers, we should see afar any town or city… But there’s nothing. Quentin is driving and we’re driving very very carefully to consume the least necessary. A city is announced by a sign and we leave the main road to get there. After a few kilometers we finally arrive to the city center. We’ve been told there was a gas station at the end of the main street. Saved ! But when we get to the station, nothing. Everything is closed. They tell us that the owner is on holiday. We just made a roundabout of several kilometers fro nothing… The next gas station is 70 km away. No chance to get there, the gauge is at its lowest. We decide to get closer to it, waiting for the fateful moment, when the engine will stopped being fed and will leave us to the night. We intensify our effort to save gas, each turn is done to the limit, each trajectory kept short. When, after one hour on the road without breathing, we see the gas station sign, we hardly notice the beginning of the coughs of the car. We fill the tank to the brim and pay the most expensive bill of our trip. 70 € ! Visibly, this gas pump attendant knows he’s the gas station of the last chance ! We vaguely look for a hotel in this miners’ town, but everything looks dirty and timeworn, and we think that we’ll be better off in our tent. We park on the side of the road on the barren road, afar, the copper mine runs at full capacity. We go to bed once again, in the cold. This time, no photos, no fireworks. It’s already  minus 1 degree Celsius when we go to sleep and our sleeping bags are intended for a minimum temperature of 6° Celsius… The cold is harsh, the wind violent and the night isn’t going to be easy.

Aug 21 '10

Pérou Day # 49

Il est encore tôt quand le soleil vient réchauffer les parois de la tente, et très vite, la température grimpe. Les nuits sont très fraîches, alors dès qu’il fait plus de 10 °C dans la tente, on étouffe dans nos laines polaires qu’on porte même dans nos duvets. On se réveille avec les dents qui crissent. Le sable est partout ici, et même dans notre tente, nos duvets, nos yeux… Bref on sent qu’on n’est pas près d’oublier Huacachina de sitôt, et qu’on en retrouvera des traces jusqu’à Ushuaïa. Et justement, il est l’heure de reprendre la route. Après une ballade autour de l’oasis où l’on croise de jolis petits oiseaux au cri abominable, on saute dans notre voiture pleine de sable, et on prend la direction d’Arequipa, en soulevant derrière nous un immense nuage de poussière. La route change un peu, et les dunes de sables laissent progressivement place aux écrasantes montagnes de pierres rouges. La route devient plus sinueuse, et je me retrouve bientôt à conduire sur des routes où le moindre écart sur la droite nous mènerait directement à la mer, en passant par cinq cents mètres de chute libre. De toute façon, c’est comme ça depuis qu’on a recommencé à alterner les heures de conduite, des qu’il y a des routes pourries, c’est pendant mon tour. Mais malgré ça, le paysage est magnifique, et nous parlons peu. Pour pallier l’ennui des presque dix heures de conduites quotidiennes, on a téléchargé des livres audio qu’on écoute sur le chemin. Et là, c’est Phileas Fogg qui nous tient compagnie, pendant son tour du monde en quatre-vingt jours. Le récit colle parfaitement à l’ambiance et on prend beaucoup de plaisir à écouter Jules Vernes et ses descriptions qui n’en finissent plus. La voiture ronronne parfaitement, sauf par deux fois, où elle cale sans raison, à pleine vitesse. Le volant se bloque à cause de la direction assistée, et elle devient aussi maniable qu’une moissonneuse-batteuse lancée a 120 km/h. Mais à part ces fois-là, la Subaru ne montre même pas un signe de fatigue. On continue de rouler jusqu’à la tombée de la nuit, et, peu avant la frontière, on passe sur le chemin d’une petite ville de montagne, dont le marché de nuit semble très animé. On immobilise la voiture, au milieu des étals de fruits et légumes, où les marchands font leur pub à grands coups de mégaphone. Les yeux s’ouvrent grands à notre passage, et on en déduit que le tourisme ne doit pas être fréquent par ici, et c’est assez difficile de se fondre dans la masse. Je dépasse d’une bonne tête la moyenne locale, et Benjamin ne voit pas grand-chose d’autre qu’une mer de cheveux noirs. On commande un plat à un tout petit stand de poulet aux nouilles, et pendant qu’on attend, quelques gamines s’amusent dans mon dos à comparer ma taille à la leur. Jusqu’à ce que l’une d’elles pousse un petit cri en voyant Benjamin. On achète aussi un petit sac de feuilles de coca, qui correctement mâchées, sont censées avoir des effets aussi divers que soigner le mal de l’altitude, guérir les reins, les rhumatismes, les maux de pieds ou de tête, les maux d’estomac et réduire la fatigue. J’en oublie forcément, la liste est longue comme le bras. En revanche, la coca n’améliore pas les dents, ce qui se remarque facilement chez les consommateurs réguliers. On regarde dans notre guide la façon de la consommer. il faut déjà la laisser macérer presqu’une heure dans sa bouche, entre les gencives et la joue. Puis, en rajoutant un peu d’un produit spécial à base de cendres de plantes, on libère d’un coup les incroyables propriétés citées ci-dessus. Bon, ben déjà, il nous manque le produit spécial, qui ressemble à une petite pierre ponce. On retourne donc en racheter, bien décidés à tenter l’expérience jusqu’au bout. On croise aussi un vendeur de petits saxophones taillés dans des tuyaux qui font un étrangement joli son. Benjamin en achète un. Jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas réussi à en tirer autre chose qu’un pfffuuiiit mouillé, qui serait le même qu’en soufflant dans une casserole. Mais voila plus d’une heure que la coca est coincée dans notre bouche, et son amertume caractéristique commence a se dégager. On s’attend à un trip d’enfer en ajoutant la pincée de cendre au goût sucré, mais, au bout de vingt minutes, et après l’ajout de nouvelles pincées de cendre, au cas ou, il faut bien avouer que ça ne fait rien du tout, leur truc là. L’effet le plus notable, c’est le goût dégueu que ça nous laisse dans la bouche. On reprend la route juste assez longtemps pour se garer au beau milieu d’un désert où on décide de passer la nuit. Pas trop fatigués, on passe des heures à faire du light painting avec l’appareil photo, à craquer deux des quatre flares achetés en Alaska, et à admirer le paysage qui se découpe à la lumière de la pleine lune. Pour peu, on pourrait se croire sur une autre planète, l’impression de dépaysement est ultime. L’autoradio joue la bande originale de Black Hawk Down, qui colle si bien au décor qu’on la croirait sortie des montagnes elles-mêmes. On l’écoute en silence jusqu’à ce que le froid se fasse de plus en plus vif. Alors on se jette dans la tente, et on s’enroule dans nos duvets glacés. La nuit est toujours aussi froide, il va absolument falloir s’équiper mieux pour résister au climat qui s’annonce de plus en plus mordant à mesure que l’on va se rapprocher d’Ushuaïa.

Q.

It’s still early when the sun heats the inner walls of the tent, and very quickly, the temperature rises. The nights are fresh, so when it’s more than 10 degrees Celsius in the tent, we suffocate in our polar outfits we’re wearing in our sleeping bag. We wake up with our teeth squeaking. The sand s omnipresent here, even in our tent, our sleeping bags, our eyes… In short, we feel that we’re not going to forget about Huacachina soon, and  that we’ll still find some hints of it until we get to Ushuaïa. And it’s right the time to get on the road again. After wandering a bit around the oasis where we see some nice looking little birds with awful sound, we jump in our car full of sand and we ride toward Arequipa, raising a big cloud of dust behind us. The road changes a little and the dunes leave slowly their place to the enormous red rocks mountains. The road becomes more sinuous and I soon find myself drivin on roads where even the slicest movement to the right would directly bring us to the sea by getting through 500 meters of free fall. It’s like that since we started alternating drivers again anyway, every time the roads are rotten, it’s during my turn. But despite that, the landscape is awesome, and we don’t talk much. To compensate for the boredom of the ten hours drive each and every day, we downloaded some audio books that we listened too on the way. And now, it’s Phileas Fogg keeping us company during his tour around the world in 80 days. The story totally sticks to the mood and we take a lot of pleasure listening to Jules Verne and his never ending descriptions. The car hums perfectly , except for two times where she stalled without any reasons, at full speed. The steering wheel gets blocked because of the power-steering and she becomes as easy to handle as a combine harvester going at 120 km/h. But beside those times, the Subaru doesn’t show even one sign of tiredness. We go on driving until dusk and, a bit before the border, we go through a little mountain village, whose night market seems very lively. We stop the car, in the middle of the fruits and vegetables stalls, where the stallholders praise their products with their megaphones. People’s eyes are wide open on us  as we pass by and we understand that tourists aren’t very many around here, and it’s is pretty difficult to blend in. I am a head taller than the average here and Benjamin doesn’t see much more than a sea of black head tops. We order a meal in a very small noodle chicken stall and while we’re waiting, a few little girls play behind me by comparing their size to mine. Until one of them shouts out when she sees Benjamin. We also buy a little bag of coca leaves, which, if correctly chewed, are supposed to have many effects such as healing altitude sickness, healing the kidneys, rheumatism, headaches, feet aches, stomach aches, and decrease tiredness. I’m sure I forgot some, the list being very long. On the other hand, coca isn’t really good for the teeth which can be easily spotted on regular consumers. We take a look in our guide book the way it should be chewed. You already need to let it soak one hour in your mouth, between the cheek and the gum. Then by adding a bit of a special product made of plant ashes, we free at once all the incredible properties quoted above. Well, to start, we’re already missing the special product which looks like a pumice stone. We go out to buy some, well decided to tempt the experience til the end. We also pass by a vendor selling small saxophones carved in pipes which actually make a nice sound. Benjamin buys one. Until today, we didn’t get anything else than a wet pffffft sound out of it, which would be same as blowing in a pan. But it has already been an hour since the coca is stuck in our mouth and its characteristic bitterness start to spread out. We’re expecting a crazy trip when we add the dash of sweet tasting ash, but, after twenty minutes and after adding another dash of ash, just in case, we must admit that it has no effect whatsoever. The most significant effect is the disgusting taste it has left in our mouth. We take the road again, just long enough for us to park in the middle of the desert where we decide to spend the night. Not too much tired, we pass hours doing light painting with the camera by cracking two of the four flares we bought in Alaska, and admiring the landscape which is cut out by the moon light. We almost feel like on another planet, the feeling of change of scenery is ultimate. The car radio is playing the original soundtrack of Black Hawk Down which sticks so well to this scenery that we could think that it comes from the mountains themselves. We listen to it until the cold gets sharper. So we jump in the tent and we wrap ourselves in our freezing sleeping bags. The night is still very cold and we’ll absolutely need to get better equipped to stand the climate promising to be more and more biting as we’re gonna get closer to Ushaïa.

Aug 20 '10

Perou Day # 48

Pendant une bonne partie de la nuit, j’ai mis à profit la connexion internet de Julio et j’ai profité pour répondre à tous mes mails, télécharger des livres audio, et globalement me reconnecter un peu avec Paris. Les longues cessions sur internet sont parfois étranges car lorsque je me déconnecte, je ne suis plus trop en vacances et il me faut un peu de temps pour revenir au Pérou. Néanmoins, au vu du planning que nous avons fait hier, on n’a pas trop le temps de traîner. On espérait voir Julio pour prendre le petit-déjeuner, mais il a dû rentrer très tard et on décide de le laisser dormir. Après avoir relevé quelques adresses de magasin de camping, on prend un taxi, histoire d’aller plus vite, et on file le chercher. On apprend que nos bonbonnes de gaz américaines ne sont pas du tout la norme ici, et que nous allons donc devoir nous équiper complètement. Un nouveau réchaud et deux bonbonnes de gaz en poche, nous reprenons la route de la voiture et on se lance dans notre éternelle bonne résolution : À partir de maintenant, on fait gaffe à ce qu’on mange. On se dresse une liste d’aliments tous plus sains les uns que les autres. À commencer par les avocats. Ils sont délicieux ici, et un avocat avec un filet de citron vert peut faire le meilleur repas du monde. On fait donc le plein chez un marchand de fruit et on se régale d’avance. À vrai dire, on meurt de faim, mais on décide de quitter la ville pour manger nos fruits au bord de la mer. Pourtant, au détour d’une rue, nous passons devant une grande boulangerie. Quelques instants plus tard, nous sommes en train de commander notre quatrième empanadas au poulet, avec deux parts de gâteau à la cannelle, des sandwichs délicieux et deux parts de tarte aux pommex. On fait bien rire tout le monde quand on leur dit que nous allons tout manger à midi ! La quantité est certes impressionnante, mais comme promis, on se bâfre de ce festin de spécialités locales pas vraiment diététiques… Les remords seront pour plus tard ! Nous reprenons donc la route en direction de Huacachina. Une oasis perdu au milieu d’une des plus grandes dunes du monde, où l’activité principale tourne autour du Sandboard. Le surf des sables. On file à bonne allure, mais le soleil tombe et nous ne voulons pas rater l’opportunité de faire quelques descentes. On tourne un peu, on voit des dunes partout. À chaque fois qu’on nous indique un chemin, c’est à l’opposé des dunes énormes que nous voyons. Le soleil tombe encore, et on se dit que les locaux doivent se moquer de nous ! Pourtant, nous arrivons enfin à Huacachina. Il nous reste un peu plus d’une heure de soleil. À peine arrivé dans le village, les pilotes de buggy nous assaillent en nous proposant des tours. Pas trop le temps de réfléchir. Si on veut surfer, il faudra monter vite, et quand on voit le temps que j’ai mis pour monter une dune deux fois plus petite que celle qui est en face de nous, il n’y a pas à hésiter. Le tarif est raisonnable, on accepte. Un peu fébriles, on se prépare en urgence, et on saute dans le gros buggy huit places de notre pilote. Nous sommes les seuls à bord du buggy, ça va décoiffer ! Il démarre son moteur en échappement libre, et nous voila partis à l’assaut des dunes. Pendant une vingtaine de minutes nous allons rouler en trombe dans les dunes et faire des sauts et descendre des pentes qui défient toutes nos notions sur la gravité ! Secoués comme des boules de loto dans leurs cages, on encaisse les coups sur les fauteuils mal rembourrés. Le sable nous fouette le visage et le pilote enchaîne les virages à 90° quasi à la verticale des dunes. Le moteur hurle, nous nous tenons aux grosses barres de la rolling cage et nous perdons une vertèbre à chaque saut. Tout à coup, tout s’arrête. Le pilote coupe le moteur et, les oreilles encore sifflantes, notre pilote nous dit “Photo ? On réalise tout à coup que nous sommes en haut des dunes, devant un magnifique couché de soleil. Le silence absolu contraste avec les dernières minutes que nous venons de vivre. Dans la précipitation, nous n’avons pas pris l’appareil photo… “Que pena !” Nous lance le pilote en redémarrant son moteur ! Et nous voilà repartis de plus belle ! Il pile soudain en haut d’une dune et nous dit. “Surf ? OK, c’est parti. Il sort deux planches en contre-plaqué de son buggy et nous les passe. Aucun de nous deux n’a jamais fait de surf, et encore moins de ski… Il nous montre la pente à descendre, on rigole pensant que c’est une blague, et on se fige quand on le voit préparer l’endroit dont nous allons nous élancer… Devant le flip général, il nous propose de le descendre allongé sur la planche. On s’exécute et on se lance. La sensation de vitesse est énorme ! Il faut bien rentrer ses coudes, car s’ils touchent le sol, c’est comme s’ils passaient à une sableuse haute pression… La dune se descend en moins de 10 secondes et le buggy revient nous chercher en bas. On repart à l’assaut d’une dune et il nous dépose devant une autre pente encore plus vertigineuse. On décide d’essayer la position debout et on se lance de nouveau…. Le résultat est beaucoup moins grisant et on passe notre temps à tomber et à littéralement bouffer du sable. Bon… un peu décevant, et je respecte d’autant plus Shawn White. Nous faisons encore quelques dunes puis notre pilote nous indique qu’il est l’heure de rentrer. Une dernière descente ? nous propose-t-il… Une ÉNORME, on s’exclame ! On part donc à la recherche de cette dune. Le buggy s’enlise, peine, crache, et repart. Nous arrivons enfin au sommet de la big one. La grosse dune qui ne rigole pas ! On se lance à plat ventre sur nos planches, histoire de vraiment en profiter ! L’arrivée est brutale mais c’était génial. Notre pilote nous ramène à l’oasis et on le remercie chaleureusement. Il est l’heure de chercher un endroit pour dormir, et on demande à des policiers qui gardent mollement l’entrée du village. Il nous indique qu’il est dangereux de camper dans les dunes, mais qu’on peut y aller… Sans chercher à trop comprendre la logique de cette phrase, on installe notre tente à côté de l’école de Sand Board où déjà quelques tentes sont posées. Nous passons le reste de la soirée à discuter avec Bertrand, un français qui voyage avec son sac à dos avant de commencer son entrée dans le monde du travail et de la finance… Effectivement, il a intérêt à en profiter, parce que le futur ne fait pas vraiment rêver ! On partage les mêmes points de vue sur pas mal de choses, et même si d’habitude on fuit un peu les touristes et principalement les Français, nous passons une bonne soirée autour de pas mal de bières. Avant de se coucher, nous cuisinons une de nos boîtes de conserve que nous avions payé une fortune en Colombie. (Le prix d’un repas au restaurant pour une boîte de conserve !)… Le résultat est tout simplement dégueulasse, horrible, monstrueux… Alors que j’écris ce texte plus de sept jours après, j’en ai encore la nausée rien que d’y penser ! Bref, la nuit est tombée sur les dunes, nous sommes en dehors de l’oasis, un peu trop touristique pour nous. Histoire de faire passer le mauvais repas, une encore plus mauvaise idée nous prend. Escalader une des dunes à pieds… Après une demi-heure d’escalade dans le sable mou, écarlates, la gorge gelée par le froid et au bord de vomir notre repas nous arrivons au sommet… Qui donne sur une dune encore plus haute… On ne voit rien, on a froid… Un peu déçus, on dévale la dune à fond et, allant bien plus vite que ce qu’on peut contrôler, on finit par rouler sur nous-même dans le sable. Après un repas pas très digeste, c’était LA mauvaise idée. Huacachina ne s’endort pas du tout, les boites de nuit crachent leurs musiques pendant que nous crachons nos poumons…

B.

During a good part of the night, I put Julio’s Internet connection to profit and I took the opportunity to answer all my emails, to download some audio books, and globally reconnect with Paris. The long sessions over the Internet are sometimes weird because when I disconnect I don’t feel too much on holiday and I need some time to come back to Peru. Nevertheless, we we take a look at the schedule we did yesterday we don’t have much time to waste. We were hoping to see Julio to have breakfast but he must have come back really late and we decide to let him sleep. After getting some camping gears shop addresses we take a cab too go faster and we go get it. We learn that our American gas cans aren’t the benchmark here and that we’ll need to get totally equipped. A new stove and two gas can in the bag, we go back to get the car and throw ourselves in our eternal good resolution : From now on, we take care of what we eat. We make a list of food (aliments), all more healthy than the other. Starting with avocados. They’re delicious here and an avocado with a bit of lemon can get you the best meal ever.So we go to the fruit shop and fulled our bags to the trim, we enjoy ourselves in advance. Actually we’re starving but we decide to leave the city to eat our fruits on the sea side. Yet, at the corner of a street, we pass by a big bakery. A few moments later, we are ordering our fourth chicken empanadas with two pieces of cinnamon pie, some delicious sandwiches and two pieces of apple pie. We had everybody laughing when we told them that it was all for lunch  The quantity is of course impressive but as promised, we stuff ourselves with this feast of local specialties not really healthy… Remorse will be for later ! We take the road again toward Huacachina, a lost oasis in the middle of the biggest dunes of the world, where the main activity is the sand board. We’re going at a good pace but the sun sets and we don’t want to miss the opportunity to go downhill. We turn around a bit, we see dunes everywhere. Each time they show us the way it’s far from the huge dunes that we see. The sun sets a bit more and we start to believe that the locals must be fooling around with us ! Yet, we finally arrive at Huacachina. We have a little bit more than an hour of sun left. As soon as we get in the village, the buggies drivers assail us and offer us some rounds. Not too much time to think about it. If we want to surf, we’ll need to get up there fast, and when you see how long it took me a dune two times smaller than the one in front of us, no hesitation. The price is fair, we agree. A bit nervous, we get ready in a hurry and we jump in the big eight seated buggy of our pilot. We are the only ones aboard the buggy, it’s gonna take our breath away ! He starts his engine in exhaust free, and there we are, assailing the dunes. For about twenty minutes we’re going en hurtling through the dunes and jumping and climbing down slopes defying our notions of gravity ! Shaking like lottery balls in their cages, we take the hits on the bad stuffed seats. The sand lashes our face and the pilot threads the 90 degrees turns almost at the vertical of the dunes. Te engine is screaming, we hold ourselves tight to the roll bars and we lose a vertebra at each jump. All of a sudden, everything stops. The pilot cuts the engine and, our ears still ringing, our pilot says “photo” . We realize that we are at the top of the dunes in front of a magnificent sunset. The complete silence contrast with the last minutes we just went through. In the rush, we didn’t take the camera… “que pena !” (how sad) says the driver while restarting his engine ! And here we are at it again ! He suddenly stops at the top of a dune and says to us : “Surf ?”, okay, Let’s go . He takes the two plywood boards out of his buggy and hands them out to us. Neither of us has ever done surfing and even less skiing… He shows us the slope to use to go go down and we laugh thinking he’s joking, and then we freeze when we see him preparing the spot where we’re going to start from… Seeing the general fear, he suggested for us to go down laying down on the board. We do as he says and throw ourselves down. The sensation of speed is huge !
You need to really put your elbows inside because if they touch the ground, it’s like for them to go through high pressure sandblaster… We go down the dune in less than 10 seconds and the buggy comes down to pick us up. Then we assail another dune and he drops us in front of another slope even more breathtaking. We decide to try to stand up this time and throw ourselves down again. The result is less exhilarating and we spend our time falling down literally eating sand. Well… A little bit disappointing and I respect even more Shawn White. We go down some dunes again and then our pilot tells us it’s time to go. One last downhill ? He says… A HUGE one, we say ! We go then looking for this dune. The buggy gets stuck, struggles, spits and leaves again. We finally get to the top of le big one. The big, serious dune ! We thrust ourselves on our belly so we really enjoy it ! The finish is violent but it was great. Our pilot brings us back to the oasis and we thank him warmly. It’s time to find a place to sleep and we ask some policemen, who lazily guard the entrance of the village. They tell us that it’s dangerous to camp in the dunes but that we still can go there… Without trying to get the meaning of this sentence too long, we install our tent by the Sand Board School where some tents are already installed. We spend the rest of the evening talking with Bertrand, a French guy, travelling with his back pack before starting working life in the world of finance… Actually, he better enjoy it because the future doesn’t really make someone dreaming ! We share the same point of views on a lot of topics, and even if usually we steer clear of tourists and especially the French, we’re spending a nice evening around a good number of beers. Before going to bed, we cook one of our can we paid a fortune in Colombia (the price of a meal in a restaurant for a can)… The result is simply disgusting, horrible, hideous… As I’m writing this text more than seven days later, I still have nausea just thinking of it ! Anyway, the night has fallen on the dunes, we are outside the oasis, a bit too much touristy for us. Just so we can digest the bad meal, we have an even worse idea. Climb up one of the dune by foot… After half an hour of climbing up in the soft sand , scarlet, the throat frozen by the cold and almost to the point of vomiting our meal, we get to the top… Which leads to a dune even bigger… We can’t see anything, we are cold… A little bit disappointed, we hurtle down very fast and, going much faster than what we can control, we end up by rolling over in the sand. After a not very digestible meal, this was THE bad idea. Huacachina doesn’t fall asleep at all, the night clubs spit their music while we’re spitting our lungs…